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Des troupes américaines se retirent sous les jets de fruits pourris et de pierres

A la veille de l’expiration du cessez-le-feu annoncé par la Turquie dans le nord de la Syrie, des véhicules militaires américains ont essuyé des jets de projectiles de la part d’habitants d’une ville kurde.
Annoncé depuis le 7 octobre dernier, le retrait des troupes américaines de Syrie a débuté – provoquant des réactions parfois hostiles. Comme on peut le constater sur des images captées par Adam Harvey, correspondant au Moyen-Orient de la chaîne de télévision américaine ABC, des véhicules blindés étasuniens ont essuyé le 21 octobre des jets de projectiles, parmi lesquels des pierres et des fruits pourris, alors qu’ils quittaient une localité du nord de la Syrie. Le journaliste fait référence à la ville de Kameshli, dans le Kurdistan syrien.
«Rentre chez toi l’Amérique, après avoir fait mourir nos enfants», lance une femme à l’adresse du convoi militaire américain sur le départ, selon le correspondant d’ABC.
Les forces kurdes du nord de la Syrie, alliées à Washington et qui ont combattu les djihadistes de Daesh, considèrent la décision des Etats-Unis de retirer leurs troupes de la région comme une trahison. 
Encore un «petit» nombre de soldats américains en Syrie
Le 13 octobre, les Etats-Unis avaient annoncé le retrait de quelque 1 000 militaires déployés dans le nord et l’est de la Syrie, cinq jours après le début d’une offensive turque dans ce secteur contre une milice kurde, les Unités de protection du peuple (YPG), considérée comme terroriste par Ankara. C’est un premier retrait de soldats américains des abords de la frontière turque, le 7 octobre, qui avait ouvert la voie à l’offensive de la Turquie. Celle-ci a été suspendue par Ankara le 17 octobre après une trêve négociée par Washington. Ce cessez-le-feu expire ce 22 octobre à 19h GMT (21h heure française).
Le 21 octobre, Donald Trump a annoncé qu’il restait dans le pays un «petit» nombre de soldats américains, qui se trouvaient actuellement dans «une partie totalement différente de la Syrie», à savoir à proximité des frontières jordanienne et israélienne. Il a par ailleurs ajouté que d’autres unités étaient déployées à proximité de l’Irak afin de «protéger le pétrole».
En visite à Kaboul le 21 octobre, Mark Esper, le chef du Pentagone, a aussi laissé entendre que des troupes pourraient stationner en Syrie afin d’y sécuriser les champs de pétrole. D’après lui, les unités situées dans le nord-est, près des puits, ne seraient «pas concernées par la phase actuelle de retrait». Les principaux champs de pétrole syriens se trouvent dans la région de Deir ez-Zor, proche de la frontière avec l’Irak, mais d’autres exploitations pétrolifères, plus modestes, sont localisées près de la frontière turque, dans le nord-est du pays.

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