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Procès Ouyahia et Sellal : L’audience reportée à demain


C’est dans une ambiance électrique que s’est ouvert hier le procès de l’affaire des indus avantages dont ont profité des concessionnaires de voitures en Algérie.
Comme il fallait s’y attendre, le procès a drainé la foule des grands jours. Les forces de sécurité ont déployé un impressionnant dispositif pour parer à toute éventualité. L’entrée au palais de justice Abane Ramdane n’était permise qu’aux avocats, journalistes et les justiciables convoqués. Les guichets délivrant le casier judiciaire et le certificat de nationalité sont carrément fermés. Les usagers qui ont fait le déplacement pour retirer des documents administratifs sont invités à revenir un autre jour. Une grande foule compacte se serre dans le hall des pas perdus. Comme le procès doit avoir lieu dans une salle située au premier étage, l’escalier qui y mène est justement fermé. La grille en fer qui sépare le premier étage du deuxième est fermée. Des policiers veillent au grain. Seuls les avocats, les parties civiles et les témoins sont autorisés à passer. Des citoyens crient leur déception. Ils veulent voir celui qui incarnait à leurs yeux la hogra et l’arrogance. « Nous sommes en République et en tant que citoyen j’ai le droit d’entrer à la salle d’audience », lance un sexagénaire qui souhaite voir les figures de la corruption dans le box des accusés. « Mes parents ont eu la chance de voir les pieds-noirs et les harkis prendre le bateau pour partir sans retour. Moi, je veux voir ceux qui nous ont volés au box des accusés », dit cette fois un quinquagénaire.
Les journalistes sont restés au niveau du hall des pas perdu de l’entresol. Ils n’ont pas pu accéder au premier étage. Cela a créé une vive réaction. Les journalistes se sont rendus devant le bureau du procureur général où ils ont organisé une manifestation improvisée. « Presse libre et démocrate », ont-ils scandé. Personne ne les en a empêchés, mais le procureur n’a pas ouvert son bureau non plus.
Ce sont des avocats qui ont informé la presse sur le report de l’audience à demain mercredi 4 décembre. Ce procès risque d’être reporté pour la deuxième fois car les avocats refusent de plaider devant un tribunal correctionnel pour défendre deux anciens Premiers ministres qui doivent comparaître devant une cour spéciale. C’est justement pour répondre à cette question que le juge a reporté l’audience. Les demandes, avant les débats, portent essentiellement sur des points de droit précis dont doivent profiter les prévenus.
Saïd Ibrahim

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