MONDE ARABE

Sahara occidental : Le discours du roi est une expression d’inquiétude face à la situation au Maroc

Le coordinateur sahraoui auprès de la MINURSO, M’hamad Khedad, a soutenu que les résolutions du Conseil de sécurité de l’ONU constituent une référence pour le respect du droit du peuple sahraoui à l’autodétermination, en particulier la dernière résolution 2494, soulignant que les déclarations du roi du Maroc prétendant une souveraineté sur le Sahara est une expression d’inquiétude face à la situation au Maroc.
« C’est un discours stérile et une expression de grande inquiétude face à la situation interne au Maroc, et la question du Sahara occidental est utilisée pour encourager un prétendu patriotisme touché par la misère et le manque de perspectives », a soutenu M. Khedad, chef des relations internationales du Front Polisario et coordinateur auprès de la Mission des Nations Unies pour le référendum au Sahara occidental, dans une déclaration au site El Confidential (ECS).
« Les pieds et les mains du Maroc tremblent chaque fois que la décolonisation du Sahara occidental est évoquée et il veut perpétuer le statu quo, que nous venons de rejeter après l’adoption de la récente résolution 2494 du Conseil de sécurité », a-t-il indiqué dans une réaction au vote, mercredi dernier, de la résolution prorogeant le mandat de la Minurso d’une année, Pour M. Khedad, le roi du Maroc a reconnu que, malgré la propagande, le problème reste en suspens. « La vérité est que personne ne reconnaît la souveraineté du Maroc sur le territoire du Sahara occidental », a-t-il rappelé, soutenant que « le Maroc continue de payer le prix fort pour continuer l’occupation de certaines parties de notre territoire ».
« Le roi du Maroc a tenté de manipuler l’opinion publique en ignorant la situation réelle dans laquelle se trouve le Maroc, sur le point de l’exploiter socialement et politiquement. Et dans ce cadre, il a recours à l’intransigeance concernant la question du Sahara occidental », a expliqué le diplomate sahraoui.
Réagissant juste après le vote, mercredi dernier, de la résolution prorogeant le mandat de la Minurso d’une année, le Front Polisario a estimé que l’instance suprême des Nations Unies a encore « manqué l’occasion » d’éviter « l’effondrement du processus de l’ONU face aux échecs répétés du secrétariat général de l’ONU et du Conseil de sécurité à empêcher le Maroc de dicter les termes du processus de paix et le rôle de l’Onu au Sahara Occidental ».
Face au Statut quo « le Front Polisario n’a d’autres choix que de reconsidérer son engagement dans le processus de paix », a-t-il mis en garde.
C’est à ce titre que le Front Polisario a rappelé « les concessions énormes » qu’il a consenties pour faire avancer le processus politique, et ce « malgré l’intransigeance et le chantage » du Maroc.
La partie sahraouie réitère le rejet de tout approche qui s’écarte du plan de règlement des Nations Unies ou qui déroge à la nature juridique du dossier du Sahara Occidental comme question de décolonisation.
« Le droit de notre peuple à l’autodétermination et à l’indépendance est inaliénable et non négociable, et nous utiliserons tous les moyens légitimes pour le défendre », a également affirmé le Front Polisario.
Le vote avait enregistré 13 voix pour et deux abstentions, celles de la Russie, membre permanent et de l’Afrique du Sud qui assure la présidence tournante du Conseil de sécurité pour le mois d’octobre.
Les deux pays reprochent notamment au texte son libellé favorable à l’une des parties.
La Russie tout comme l’Afrique du Sud refusent le remplacement de principes de base relatifs à ce processus par des généralités sur la nécessité de trouver des « solutions réalistes ou des compromis », qui selon les deux pays, sapent la confiance vis-à-vis du Conseil de sécurité et assombrissent les perspectives du processus politique.


Le gouvernement espagnol appelé à adopter une position ferme et claire

Les associations espagnoles d’amitié et de solidarité avec le peuple sahraoui CEAS-Sahara ont exprimé leur préoccupation à propos de la gravité que traverse le conflit au Sahara occidental, soulignant que la majorité de la société espagnole a demandé au gouvernement d’adopter « une position ferme et claire » en faveur du droit du peuple sahraoui de choisir librement son avenir.
Dans une lettre adressée aux partis et aux coalitions à l’occasion des prochaines élections générales en Espagne, la CEAS a exprimé sa « préoccupation face à la gravité du conflit au Sahara occidental », occupé par le Maroc depuis 1975, et souligné que ‘ »la grande majorité de la société a exigé des différents gouvernements que le moment était venu d’amender tous les dommages causés par cette terrible injustice, après 44 années d’abandon et d’oubli ».
« Nous ne pouvons pas rater cette occasion (élections), nous sommes particulièrement sensibles à la cause sahraouie que pour beaucoup d’entre nous considèrent comme quelque chose de propre et tout ce qui leur arrive nous concerne également, de demander au prochain gouvernement d’Espagne, en tant que membre de l’appel du Groupe de l’ONU des amis du Sahara occidental, une position ferme et claire en faveur du droit du peuple sahraoui de choisir librement son avenir, dans le cadre d’un processus de décolonisation inachevé, qui devrait aboutir à un référendum garantissant le droit à l’indépendance du Sahara occidental », ajoute la CEAS.
« Notre démocratie a un sujet en suspens et nous ne pouvons pas parler de liberté, de justice ou de démocratie réelle dans notre pays avant que nous puissions mettre fin à tant de souffrances et conclure un processus de décolonisation que nous avons laissé non scellé pendant plus de 43 ans », ont encore souligné les associations espagnoles d’amitié et de solidarité avec les Sahraouis.

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