SOCIÉTÉ

Multiplication du contrôle des commerçants : Des centaines de magasins fermés à Alger

Depuis le début du mois de janvier dernier, les équipes de contrôles du ministère du commerce redoublent d’activité. Les contrôleurs sont pratiquement sur le pied de guerre. Ils interviennent dans la capitale et toutes les communes de banlieue. Des policiers et des gendarmes accompagnent souvent ces contrôleurs du département du commerce. Ils axent leurs inspections sur le volet administratif pour le moment. Des centaines de magasins ont été fermés, car leurs propriétaires ont oublié de renouveler le registre de commerce, un document indispensable pour activer dans ce secteur. « Les contrôleurs ont décidé de fermer notre magasin. Il faut reconnaitre qu’ils ont raison, car mon père a carrément oublié de renouveler le registre de commerce », dit un jeune homme qui travaille dans l’épicerie familiale située dans la commune de Birkhadem. Dans certains cas, les fermetures ont été prononcées car des commerçants vendent des produits qu’ils ne sont pas autorisés d’écouler dans leurs magasins. C’est le cas d’un épicier qui vendait des sandwichs pour les lycéens. « Je voulais juste rendre service aux lycées qui ne trouvent pas où manger à midi. Les inspecteurs du ministère du commerce ne l’ont pas entendu de cette oreille. Ils ont fermé mon magasin », dit un épicier de Birtouta. Ces commerçants devront en outre payer une amende et régulariser leur situation vis-à-vis du centre national du registre de commerce.

Des commerçants dont les magasins sont situés dans des endroits reclus ou cachés activent dans l’illégalité. Pour gagner beaucoup d’argent, ils se sont lancés dans le commerce informel, mais dans des boutiques. C’est le cas d’un vendeur de produits électroménager à Tassela El Merdja. Ce commerçant qui active depuis plus de 10 ans, n’a pas jugé utile de posséder un registre de commerce. Son magasin vient d’être fermé, sa marchandise saisie en attendant d’être convoqué par la justice. Les commerçants sont sur le qui-vive et ceux dont la situation n’est pas à jour s’activent à la régulariser. Les retardataires s’acquittent de leurs impôts et de leurs contributions à la caisse d’assurance des non-salariés. « Nous remarquons que les commerçant viennent chez nous de leur propre-chef pour payer leurs cotisations », dit un employé de la CASNOS à Alger.
« L’opération d’assainissement des registres de commerce effectuée, l’an dernier, par le Centre national du registre du commerce (CNRC) a révélé l’existence de 1.000 boulangers en cessation d’activité sans radiation du registre de commerce. Des poursuites judiciaires seront engagées à l’encontre des contrevenants, conformément au décret 90-39 relatif au contrôle de la qualité et à la répression des fraude », a tenu à révéler Abdellah Benhella ; directeur du commerce de la Wilaya d’Alger. Les contrevenants ont fermé leurs locaux sans procéder aux mesures en vigueur, préférant geler leurs activités pour multiples raisons, dont la cherté des équipements et la faible marge bénéficiaire. Plusieurs d’entre eux ont bénéficié de financements accordés par l’Agence nationale de soutien à l’emploi des jeunes (ANSEJ), précise le même responsable.
Sur un autre plan, les services de sécurité interviennent dans toutes les communes pour fermer les espaces squattés par les vendeurs ambulants. « Des instructions ont été données pour assainir le secteur du commerce avant l’arrivée du mois de ramadhan », dit un fonctionnaire au ministère du commerce.
Saïd Ibrahim

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