INTERNATIONAL

Liens entre l’Iran et al-Qaïda ? : Une accusation américaine dénuée de preuves selon Moscou

Le ministère russe des Affaires étrangères a vu dans la dernière accusation de Mike Pompeo une énième tentative d’affaiblir l’Iran, soulignant qu’aucune information n’accréditait les liens avancés par Washington entre Téhéran et le groupe terroriste. Commentant les récentes accusations du secrétaire d’Etat américain Mike Pompeo, selon qui l’Iran serait devenu la «nouvelle base» d’al-Qaïda, le ministère russe des Affaires étrangères a démenti, y voyant une nouvelle tentative de s’en prendre à Téhéran, cible de l’administration Trump.

«J’ai l’impression que vers la fin [de la présidence de Donald Trump] Mike Pompeo cherche à faire quelque chose de plus pour affaiblir l’Iran, mais c’est tout à fait dénué de preuves et injustifié», a commenté Zamir Kaboulov, directeur du deuxième département d’Asie du ministère des Affaires étrangères cité par l’agence de presse RIA Novosti ce 13 janvier. Il a précisé que Moscou ne disposait d’aucune information qui accréditerait les liens entre le groupe terroriste et l’Iran avancés par Mike Pompeo. De son côté, le ministre des Affaires étrangères iranien Mohammad Javad Zarif avait adressé une réponse cinglante à ces accusations, en anglais sur Twitter. En référence à l’origine saoudienne de la majorité des auteurs des attentats du 11 septembre 2001, le ministre iranien avait affirmé : «Personne n’est dupe. Tous les terroristes du [11-Septembre] venaient des destinations favorites [de Mike Pompeo] au Moyen-Orient ; AUCUN d’Iran.»


«Je ne céderai pas»
Mike Pence refuse d’invoquer le 25e amendement pour démettre Trump

Dans une lettre à la présidente démocrate de la Chambre des représentants Nancy Pelosi, le vice-président a fait part de son refus de recourir, comme le réclament les démocrates, au 25e amendement. Il s’est dit opposé à de tels «jeux politiques». «La semaine dernière, je n’ai pas cédé à la pression pour exercer mon pouvoir au-delà de mon autorité constitutionnelle afin de déterminer le résultat de l’élection, et je ne céderai pas maintenant à la tentative de la Chambre des représentants de jouer à des jeux politiques à un moment si grave» : c’est par ces mots que Mike Pence a adressé une fin de non-recevoir à la demande pressante des démocrates de faire usage du 25e amendement pour démettre de ses fonctions Donald Trump. Dans une lettre adressée le 12 janvier à la présidente de la Chambre des représentants Nancy Pelosi, le vice-président américain a commenté : «J’estime qu’un tel acte n’est pas dans le meilleur intérêt de notre nation ni ne correspond à la Constitution.» Mike Pence réagissait à la présentation par les démocrates d’une résolution lui demandant de faire usage de ce dispositif permettant à l’exécutif de révoquer un président jugé inapte à exercer ses fonctions. «Le 25e amendement n’est pas un moyen de punition ou d’usurpation», a souligné Mike Pence à l’attention de son interlocutrice, précisant que «l’appliquer ainsi créerait une terrible jurisprudence».

Pence appelle à «calmer les esprits»

Attaqué de toutes parts (et notamment par les géants des réseaux sociaux) à quelques jours de l’investiture du président-élu Joe Biden, Donald Trump continue à marteler qu’il ne reconnaît pas la victoire de son rival, qu’il attribue à une fraude massive.

Il est de son côté accusé par les démocrates d’avoir «incité à l’insurrection» dans le cadre des violences du Capitole, survenues le 6 janvier. Les démocrates, qui multiplient les initiatives afin d’obtenir la destitution du président sortant avant la fin de son mandat, prévoient désormais de présenter devant la Chambre des représentants un acte accusant le président sortant de ces faits, dès ce 13 janvier. «Je vous exhorte, ainsi que tous les membres du Congrès, à éviter toute action qui diviserait plus profondément […] Œuvrez avec nous pour calmer les esprits et rassembler notre pays», a exhorté Mike Pence dans sa lettre.


Emeute du Capitole
La justice américaine évoque des inculpations pour «crimes majeurs»

Alors que les chefs d’inculpation contre les militants pro-Trump ayant investi le Capitole étaient jusqu’alors relativement simples, le procureur fédéral Michael Sherwin a évoqué de possibles inculpations pour «crimes majeurs», comme la «sédition». Le département américain de la Justice anticipe des «centaines d’inculpations», dont certaines pour «sédition», après les violences au Capitole. La justice a pour l’instant retenu «les chefs d’inculpation les plus simples pour agir le plus vite possible», comme ceux d’«intrusion illégale» ou de «port d’armes non autorisé», selon le procureur fédéral de Washington, Michael Sherwin.

Mais il a ajouté que les poursuites pourraient être requalifiées ultérieurement : «Nous envisageons de retenir des crimes majeurs comme la sédition et la conspiration», a-t-il ainsi précisé lors d’une conférence de presse. Selon lui, une cellule composée de procureurs expérimentés dans les dossiers de sécurité nationale et de corruption a été formée pour préparer des poursuites de ce type, qui sont passibles de peines pouvant aller jusqu’à 20 ans de prison. 70 personnes ont déjà été inculpées, dont certaines figures du mouvement comme Jake Angeli, connu pour sa coiffe à cornes, ou Richard Barnett, qui a posé les pieds sur le bureau de la chef démocrate au Congrès Nancy Pelosi. Des bombes artisanales avaient par ailleurs été découvertes à proximité du Capitole, près des bureaux des partis démocrate et républicain. «Elles étaient réelles, avec de vrais détonateurs et un retardateur», a souligné Michael Sherwin. L’enquête doit déterminer s’il s’agissait d’une diversion pour occuper la police du Capitole au moment de l’assaut ou d’un projet «plus malfaisant». Le président élu, Joe Biden, a appelé pour sa part à poursuivre tous ceux qui ont été impliqués dans des actes «d’insurrection» le 6 janvier, lors des violences qui ont fait cinq morts et profondément ébranlé le pays.

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