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Les Algériens célèbrent Yennayer 2971, le Nouvel an amazigh : Ancrer d’avenage les valeurs de solidarité

Les Algériens célèbrent Yennayer, le nouvel an berbère, dans une ambiance de grande fête populaire, malgré une conjoncture très difficile induite par la pandémie de la Covid-19.

A Bejaia, depuis plusieurs jours, les festivités battent leur plein depuis plusieurs jours, avec l’organisation et la succession d’une foule d’activités culturelles, se déclinant essentiellement en terme d’hommage et de réhabilitation des traditions et des figures symboliques de la culture amazighe.
Bien que privé des traditionnels galas artistiques qui habituellement drainent les grandes foules et les réjouissances collectives, l’événement a été porté à tour de bras par les associations culturelles locales, qui ont rivalisé d’initiatives pour lui donner tout son éclat.
Des expositions de peintures et photos, des concours culinaires, des chorales enfantines, des projections de films et vidéos et des conférences-débats foisonnantes, se sont multipliées en effet, attirant profanes et spécialistes, ainsi réunis pour plonger collectivement dans la découverte ou la redécouverte de ce moment phare dans la culture nationale, ses symboliques et sa profondeur dans l’histoire et la mémoire collective.
Le couscous à base de glands garnit les tables familiales

Les familles de la région de l’Ouarsenis, notamment à Tissemsilt, veillent à présenter un plat de couscous à base de glands, pour égayer la table de Yennayer.
Faisant partie des us et traditions bien ancrés dans la région, le couscous à base de glands est préparé spécialement à l’occasion de Yennayer par des familles des zones rurales les plus reculées de la région de l’Ouarsenis, à l’instar de « Matija », « El Mactâa », dans la commune de Bordj Bounâama et « Beni Boudjemaa », « H’tayel » à Boukaïd et « Kedadra », localité rattachée à Sidi Slimane.
A ce propos, Hadja Kheïra, une septuagénaire de la région de « Beni Boudjemâa » a expliqué, que le couscous à base de glands fait partie des plats auxquels se sont habituées les populations de la région, perpétuant ses modes de préparation et de cuisson depuis des générations. « Ceci se répète chaque année à l’avènement de la nouvelle année Amazigh », explique-t-elle encore.
La famille algéroise, à l’heure des célébrations de Yennayer

La double dimension culturelle et historique que revêt Yennayer, diversement célébrée dans toutes les villes d’Algérie, est mise en valeur à Alger par la célébration de la tradition et des rites populaires dans les atmosphères chaleureuses des réunions familiales, empreintes de joie et de convivialité.
Selon l’archéologue, ethnographe et actuelle directrice du Musée public national des Arts traditionnels et populaires (Mnatp), Farida Bakouri, chaque famille algéroise célèbre Yennayer, « selon les rites ancestraux propres à ses origines », dans une ambiance festive, ravivant notamment la tradition culinaire du fameux diner du nouvel an berbère, communément connu sous l’appellation de « Imensi n umenzu n Yennayer ».
Chez certaines familles, ajoute l’ethnographe, le traditionnel couscous, passé à l’huile d’olives et préparé avec une variété de légumes, est généralement accompagné du sacrifice (Asfel) d’un coq, un rite ancestral pour purifier la nouvelle année de tout esprit maléfique.
Ce grand banquet est ensuite « réparti en trois groupes » où les hommes, les femmes et les enfants se mettent séparément autour de grandes assiettes communes avec « des cuillères plantées dans le couscous pour marquer et honorer la présence de chacun », explique-t-elle encore.
Oran : la pandémie sans impact sur les commerces des confiseries

A Oran, la covid-19 et ses multiples restrictions ne semblent pas avoir un impact sur les commerces qui proposent de différents produits nécessaires pour célébrer le nouvel an amazigh, « Yennayer ».
Au marché populaire « la Bastille » comme la ville nouvelle « medina Djdida », endroit incontournable pour faire ses petites courses pour Yennayer, les étales de confiseries et fruits secs, sont présentées sous leur meilleur jour.
Ornées de guirlandes et de petites lumières, elles plongent les passants dans cette ambiance spéciale des fêtes. La crise sanitaire, le froid glaciale de ces derniers jours n’a pas dissuadé les Oranais à sortir pour se préparer à cette fête encrée dans leurs us et coutumes.
Tlemcen: Yennayer, des festivités pour consacrer la culture amazighe

La wilaya de Tlemcen célèbre le nouvel an amazigh « Yennayer 2971». De Beni Snouss, à l’extrême sud-ouest jusqu’à Ain Tellout, à l’est, passant par Marsa Ben M’hidi à l’extrême ouest et arrivant à Honaïne, au nord, la population tlemcenienne s’active intensément à cette fête ancestrale.
Les femmes ont préparé les gâteaux traditionnels comme le makrout, la ghribia et autres trid, m’semmen, des produits authentiques du patrimoine culinaire national qui garniront les tables le jour de l’an.
Pour le jour de l’an amazigh, les fillettes mais aussi les jeunes filles de Tlemcen se séparent de leurs habits quotidiens pour porter la célèbre « chedda » et autres blouses et robes kabyles, chaouies et sahraouies comme pour marquer leur attachement à ce patrimoine ancestral, riche et authentique qui reflète l’identité amazigh unissant le peuple Algérien de toutes les régions.

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