ORAN

Des tours au cœur d’Oran provoquent des effondrements : Sur quels critères les permis de construire sont-ils accordés aux promoteurs ?

M.A.J

Les effondrements des vielles bâtisses à Oran avec les scènes des décombres et des familles sinistrées qui défraient la chronique, ne sont pas dus seulement aux conditions climatiques. Selon les statistiques, les projets des promoteurs immobiliers lancés au niveau des vieux quartiers oranais, sont en effet, l’autre cause de ces drames. La dernière semaine, 45 familles du quartier de Sananès à Hai El Mokrani, se sont retrouvées sans toit après l’effondrement suscité par les travaux d’un promoteur privé qui, selon les riverains, n’a pas respecté les normes régissant ce secteur. L’incident de Sananès n’est pas le premier, et ne sera sans doute pas le dernier, tant que l’Etat continue à autoriser la réalisation de ces tours de plus de 10 étages, et tant que ces promoteurs trouveront toujours ce vide juridique qui leur permettra de transformer un permis de construire d’un R+5 en un R+15. Le manque de contrôle et le laisser aller chez les instances habilitées en est l’autre cause de cette avancée des tours dans le tissu urbain, et dans des zones dont le sol est jugé fébrile comme du côté d’El Barki ou au centre-ville. Alors que conformément aux dispositions des articles 49, 52 et 55 de la loi n° 90-29 du 1er décembre 1990, l’aménagement et l’urbanisme doivent se faire dans le respect total du décret, précisant que toute nouvelle construction ou transformation de construction se feront avec une autorisation. Les quartiers qui connaissent les opérations de relogement sont les plus visés par ces hommes d’affaires qui, à travers leurs promotions immobilières, investissent l’argent sur des assiettes achetées parfois à des prix relativement bas, pour ensuite, vendre des appartement à plus d’un milliard de centimes pour le prix global. Pour plusieurs Oranais, cela est purement commercial, et les investisseurs peuvent fixer le prix comme ils veulent, mais à condition de préserver l’aspect urbanistique du quartier où ils mènent les travaux, et surtout ne pas s’entêter à creuser plusieurs étages au sous-sol, et monter à plus de 10 étages en haut. C’est le cas au quartier des Castors au secteur El Makarri où le boulevard principal, qui était jadis un exemple de beauté et d’harmonie entre toutes les villas, est devenu aujourd’hui, l’attraction des promoteurs qui achètent et démolissent ces maisons pour y ériger à la place un grand bâtiment avec des apparts de haut standing destinés à la vente et la location. Cette ruée vers les maisons de maitre et les vielles bâtisses bien situées qui a pris de l’ampleur parallèlement avec la vague du relogement, doit être selon les spécialistes du domaine, contrôlée rigoureusement, pour stopper cette hémorragie, et respecter les normes requis dans le tissu urbain.

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