SOCIÉTÉ

Pour faire face à la crise : Les algériens diminuent leurs dépenses


Comme tous les pays du monde, l’Algérie traverse une période de crise. Pour faire face à la situation, les algériens recours à plusieurs solutions.

Les temps sont difficiles pour tout le monde. La vie se complique, car les dépenses se multiplient et les rentrées d’argent se raréfient. Les commerçants sont les premiers à subir les effets de cette crise. La majorité des clients boudent les commerces pour faire des économies. « J’évite d’aller au marché sauf quand c’est indispensable. Je ne sais pas me retenir. Quand je vais au marché ou quand j’entre dans un magasin, je ne peux m’empêcher d’acheter », dit un enseignant dans le lycée de Saoula. Pour faire face à la crise, les gens diminuent en premier lieu leurs dépenses. « Les clients n’achètent plus les fruits comme par le passé. Il m’arrivait d’écouler une tonne de Clémentine en une journée. Cette année, quand je vends 100 kilogrammes, je m’estime heureux », dit un vendeur de fruits au marché de Birkhadem qui est pourtant un espace de vente très renommé. Il ajoute : « Les agrumes sont pourtant recommandés en cette période pour stimuler le corps pour combattre les maladies d’hiver. Les mêmes fruits auraient même un effet contre le Covid 19. Les gens ont tout de même cessé d’acheter les fruits, car leurs poches sont vides ».
La gestion des budgets des foyers n’est pas chose aisée en cette période de vaches maigres. Pour boucler les fins de mois, les parents sont obligés d’opter pour une « économie de guerre ». Il faut en effet arriver à choisir les dépenses indispensables. « Nous nous passons de beaucoup de choses. Nous nous privons de viande et des desserts. Nous consommons des pâtes et des légumes secs. Nous devons en même temps faire des économies car nous ne savons pas de quoi sera fait demain », dit une mère de famille. Elle précise : « Toutes les économies sont bonnes à réaliser. Par exemple, pour diminuer la facture d’électricité, je lave le linge la nuit quand l’énergie est moins chère. Nous faisons attention à notre consommation d’eau aussi ».
Les familles où il y-a des malades infectés par le Covid 19 sont confrontées à des situations délicates. Les services des urgences sont très sollicités. Les consultants doivent faire les analyses et passer le scanner dans les cliniques privées où les prix pratiqués sont hors de portée des petites bourses. « Le scanner à lui seul coûte 8000 dinars. Les analyses ne sont pas données aussi, il faut compter au moins 5000 dinars. Il faut plusieurs analyses dont le test Covid 19 », explique une dame dont le mari et ses deux enfants on été touchés par le coronavirus.
Pour faire face aux multiples dépenses, des parents sont obligés de contracter des dettes. « Mes deux garçons ont été touchés par le Covid 19. Pour les soignés j’ai dû débourser plus de 8 millions de centimes. Je touche une pension de retraite de 20 000 dinars par mois. J’ai emprunté de l’argent auprès de mes voisins et je ne sais pas comment faire pour le rembourser », dit un travailleurs dans le secteur privé. La crise est si grave que des femmes ont été contraintes de vendre des bijoux pour faire face aux dépenses imprévues. « Mon mari gère une petite imprimerie. Il ne travaille plus depuis 5 mois. J’ai vendu deux bracelets et une chaine en or et j’ai donné l’argent à mon mari. Il ne sait même pas que j’ai agi de la sorte », dit une épouse qui n’a pas supporté de voir son mari sans le sou.
Les algériens souhaitent des jours meilleurs. En attendant, chacun fait face aux difficultés avec les moyens en sa disponibilité.
Saïd Ibrahim

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