MONDE ARABE

L’armée sahraouie poursuit ses attaques contre des positions de l’armée marocaine

Des unités de l’Armée populaire de libération sahraouie (APLS) ont poursuivi leurs attaques sur des bases et positions de l’armée d’occupation marocaine au long du mur de la honte, pour le dix-septième jour consécutif, a indiqué un communiqué du ministère de la Défense sahraouie.
La Défense sahraouie a souligné, dans son communiqué n17 que « les détachements avancés de l’Armée de libération ont mené dimanche des bombardements concentrés et massifs sur la zone Om-Edken dans le secteur Albakari, la zone de Hezemih, du secteur de Mahbas » et ont visé également « les retranchements des soldats de l’occupation dans la zone de la fosse Ishiaf dans le secteur d’Al-Bakary ».
Selon la même source, « les forces de l’APLS ont ciblé samedi les positions de l’ennemi dans la zone de Ross Sbti dans le secteur Sbti Mahbas, dans le secteur d’Al-Forsiyya et également le secteur d’Osmol Khamlh ou d’Odrakah ».
Les bombardement ont visé aussi « les bases de l’armée d’occupation dans la région d’Alfayeen dans le secteur d’Al-Farsiya ».
Les combattants de l’Armée sahraouie poursuivent leurs attaques intenses le long des positions et des tranchées de l’armée d’occupation après que ces dernières ont violé l’accord de cessez-le-feu en attaquant des civils sahraouis non armés qui manifestaient pacifiquement devant une brèche illégale d’El-Guergerat.

+++++++++++

L’ambassadeur du Mexique en Algérie réaffirme la position de son pays en faveur du peuple sahraoui

L’ambassadeur du Mexique en Algérie, Gabriel Rosenzweig a réaffirmé dimanche à Alger la position de son pays en faveur du droit du peuple sahraoui à l’autodétermination via un référendum libre parrainé par l’ONU.
Reçu par le Secrétaire général (SG) du parti Front de libération nationale (FLN), Abou El Fadhl Baadji au siège la formation politique, l’ambassadeur mexicain a affirmé que son pays « est, tout comme l’Algérie, en faveur des causes justes et du droit du peuple sahraoui à l’autodétermination via l’organisation d’un référendum libre parrainé par l’ONU », a indiqué le FLN dans un communiqué.
De son côté, M. Baadji a passé en revue « les positions du parti vis-à-vis des causes régionales et internationales de l’heure, notamment la question palestinienne et les derniers développements prévalant au Sahara occidental suite à l’agression perpétrée par le Maroc contre des civils désarmés en violation du cessez-le-feu signé par les parties au conflit en 1991 sous l’égide de l’ONU et de l’UA ».
Les Sahraouis « se sentent délaissés par la communauté internationale, particulièrement avec l’atermoiement injustifiable de l’ONU dans la désignation d’un envoyé spécial dans la zone », a-t-il dit, estimant qu’une telle situation « a donné libre cour à la répression marocaine à l’encontre du peuple sahraoui ».
Le SG du parti FLN a saisi cette rencontre pour dénoncer, par ailleurs, la résolution entérinée par le Parlement européen sur la situation des droits de l’Homme en Algérie, en la qualifiant d »‘ingérence éhontée dans les affaires d’un pays souverain qui possède des institutions souveraines et qui décide de ses positions avec souveraineté ».
« Les positions honorables de l’Algérie exprimées notamment contre la naturalisation avec l’entité sioniste exposent notre pays à un acharnement », a souligné M. Baadji qui a invité le PE à « s’occuper des événements sanglants qu’a connus récemment la France et de la cause sahraouie où des citoyens sont agressés au grand jour par l’occupant marocain ».

+++++++
Le conflit au Sahara occidental s’ancre dans l’histoire des luttes pour la décolonisation

Le conflit au Sahara occidental, où les affrontements entre le Front Polisario et le Maroc ont repris, « s’ancre dans l’histoire des luttes pour la décolonisation, sur fond d’importants intérêts économiques », a soutenu Xavier Dupret, économiste belge, dans un éclairage publié par le quotidien suisse Le Courrier.
« Il existe une autre caractéristique coloniale dans l’occupation de la terre des Sahraouis: la spoliation. Le Sahara occidental n’est pas un désert économique. Le phosphate y abonde », a précisé l’économiste. Or, explique-t-il, « la dépendance de l’Union européenne à l’égard de cette matière première, vitale pour la fabrication d’engrais, constitue une donnée structurelle ».
Dans cette analyse, Xavier Dupret a précisé que les réserves finlandaises, les plus importantes d’Europe, ne représentent que 1,5% des réserves mondiales. C’est pourquoi la troisième liste des matières premières critiques dressée en 2017 par l’Union européenne reprend la roche de phosphate.
Dans sa contribution, M. Dupret, a souligné qu’un « cessez-le-feu est conclu en 1991. A cette époque, l’ONU met sur pied une Mission des Nations unies pour l’organisation d’un référendum au Sahara occidental (Minurso).
Il a indiqué que « les initiatives visant à organiser un référendum se sont, depuis, heurtées au refus systématique de la part de Rabat de considérer l’indépendance du Sahara occidental comme une issue au conflit ».
« Ce blocage explique pourquoi l’accord de cessez-le-feu a été rompu récemment. En l’espèce, le Maroc a agressé des militants sahraouis dans la zone tampon d’El-Guerguerat », a t-il ajouté.
En outre, souligne l’expert, la pêche représente 70% de l’activité économique du Sahara occidental. « Dans un contexte de baisse des ressources halieutiques en Europe, l’accord de libéralisation des produits agricoles et de la pêche conclu en 2012 entre l’Union européenne et le Maroc incluait, comme par hasard, le Sahara occidental dans son champ d’application », a t-il souligné.
De ce point de vue, ajoute-t-il, la Cour de Justice européenne fut saisie. Elle statua en 2018 que l’accord de 2012 enfreignait « plusieurs règles de droit international applicables dans les relations entre l’Union et le Royaume du Maroc, notamment le principe d’autodétermination ». En dépit de cet Arrêt, un nouvel accord de pêche a été conclu entre l’UE et le Maroc pour une durée de quatre ans. Il s’applique illégalement à nouveau aux eaux adjacentes au Sahara occidental.
L’économiste est revenu sur « le soutien inconditionnel qu’apporte la France au Maroc qui ne risque pas de diminuer à court terme », soulignant que « Rabat aura grand besoin d’exploiter les ressources du Sahara occidental à l’avenir. La dette extérieure marocaine représentait en 2019 (donc avant la crise de la Covid-19) 45% du PIB et 160% des exportations du pays ». « Ces données inquiètent les milieux financiers », a-t-il souligné.
L’agence d’évaluation financière Fitch Ratings a baissé, à la fin du mois d’octobre, la notation de la dette marocaine, aujourd’hui considérée comme un actif spéculatif. L’attrait pour le Sahara occidental va donc perdurer et la lutte du Front Polisario s’inscrit déjà dans la continuité des grands combats qui, de la guerre d’Algérie à la lutte contre l’apartheid, ont forgé l’histoire de l’Afrique, a affirmé M. Dupret.

++++++++
La stabilité de la région nécessite une solution définitive à la question du Sahara occidental

La stabilité de la région « passe inéluctablement » par une solution définitive et permanente, le plus tôt possible, de la question du Sahara occidental, a affirmé l’ancien diplomate et ministre, Abdelaziz Rahabi.
Dans une interview accordée au journal Al-Quds Al-Arabi, M. Rahabi a indiqué: « partant du principe que les questions sécuritaires sont indivisibles, il est donc insensé de se mobiliser pour lutter contre le terrorisme au motif qu’il nuit à la sécurité et à la stabilité internationales, et en même temps on jette de l’huile sur le feu et nourrit un conflit militaire dans la région en soutenant le Maroc dans son intransigeance. »
Pour M. Rahabi « cette attitude de deux poids deux mesures sur les questions sécuritaires ne sert pas la stabilité dans la région », soulignant que « la stabilité dans la région passe inévitablement par une solution définitive et permanente à la question du Sahara occidental dans les plus brefs délais, en revenant au processus politique à travers des négociations directes et selon un agenda convenu pour une sortie définitive de la crise ».
Concernant la reprise des hostilités entre le Maroc et le Front Polisario, après l’agression de l’armée d’occupation marocaine contre les manifestants pacifiques sahraouis à El-Guerguerat, M. Rahabi a expliqué que « cette guerre s’est déclenchée à la suite du blocage du processus politique depuis 1991 », affirmant qu’elle « a rappelé à la communauté internationale ce problème et ce peuple oublié pendant 30 ans (…) et par conséquent elle peut permettre l’accélération de la solution politique ».
Abondant dans le même sens, l’ancien diplomate a fait observer que « les grands pays et l’Union européenne (UE) admettent qu’il y a un réel atermoiement dans le traitement de ce conflit, qui dure depuis 1975 », relevant que « tous les pays appellent désormais à une solution politique pacifique qui puisse garantir aux Sahraouis leur droit à l’autodétermination. « Cela constitue en soi une grande réalisation », a-t-il estimé.
« En tout état de cause, la question du Sahara Occidental demeure une question de décolonisation, conformément au droit international auquel appellent toutes les parties, et aux engagements pris par le Maroc pour résoudre ce problème par un référendum d’autodétermination (…) », a-t-il rappelé.
S’exprimant sur le soutien de l’Algérie à la cause sahraouie, M. Rahabi a déclaré: »historiquement, notre position est claire et constante concernant les causes de libération. Celui qui connait l’histoire de la Guerre de libération algérienne sait bien que le soutien aux peuples pour leur indépendance relève de l’identité algérienne et de la tradition de sa politique étrangère, étant donné que l’Algérie avait soutenu les mouvements de libération en Amérique latine et centrale, en Asie et en Afrique depuis la guerre de libération ».
« Quid d’un pays qui a soutenu le front +sandiniste+ au Nicaragua, +le Mouvement populaire de libération de l’Angola+ et le Vietnam, pourrait-il se taire sur ce qui se passe à ses frontières? », s’est-il interrogé.
A une question de savoir si le Sahara occidental est « la raison principale » de l’arrêt du train de l’Union du Maghreb -comme le prétendent certains- M. Rahabi a soutenu que « cette idée, véhiculée par les médias, est totalement contraire à la vérité, car l’Union du Maghreb a été fondée, +le problème du Sahara occidental étant établi+, et ce après que les dirigeants de la région aient trouvé un terrain d’entente en Algérie sur la séparation de la cause sahraouie et la construction du Maghreb ».
Contrairement à ce qui est avancé, l’ancien diplomate a précisé que « la construction de l’Union du Maghreb génère un réseau d’intérêts communs entre les Etats de la région et corrobore le règlement du conflit », soulignant qu' »à ce propos, le Maroc avait reçu une délégation sahraouie de haut niveau en 1989 avant qu’il se rétracte de l’accord de Marrakech » et par conséquent, « c’est lui (le Maroc) qui a gelé sa participation aux activités de l’Union du Maghreb ».
Pour ce qui est de l’ouverture des consulats de certains Etats, notamment arabes dans la ville de Laayoune sahraouie occupée, M. Rahabi a indiqué que cette position « est incompatible avec les résolutions internationales, en ce que le Maroc ne dispose d’aucune souveraineté sur une terre toujours classée par l’ONU dans le processus de décolonisation (…), il s’agit d’un précédent dans les relations internationales ».
Et d’ajouter que l’ouverture de ces consulats « n’affecte pas principalement » le processus de la cause sahraouie tant au niveau de l’UA que de l’ONU, d’autant plus qu’elle « ne sert pas les intérêts diplomatiques » des pays concernés.

++++++
Un diplomate argentin appelle à « sortir de l’immobilisme »

L’ancien Représentant personnel du secrétaire général de l’ONU en Irak, l’argentin Emilio Cardenas, a indiqué que la désignation rapide d’un envoyé personnel du SG de l’ONU est essentielle pour sortir de l’immobilisme que connait le dossier du Sahara Occidental.
Dans un article publié récemment par le quotidien uruguayen « El Diario », Emilio Cardenas, également ancien ambassadeur d’Argentine à l’ONU a déploré le retard accusé dans la désignation d’un nouveau émissaire pour le Sahara Occidental, affirmant que « le statut quo actuel est favorable au Maroc ».
Le diplomate argentin qui a présidé le Conseil de sécurité de l’ONU en janvier 1995 a soutenu que ce retard d’un an et demi éloignait lentement la simple possibilité de tenir un référendum d’autodétermination transparent, tel que prévu par l’ONU.
Emilio Cardenas, a été à la fois membre du Comité des sanctions dans le dossier de l’ancienne Yougoslavie et vice président du Conseil économique et social des Nations Unies.

+++++++
Une militante sud-africaine des droits de l’homme appelle l’ONU à accélérer la tenue du référendum

Catherine Constantinides, militante sud-africaine des droits de l’homme, a dénoncé samedi l’agression militaire marocaine « délibérée » contre le civils sahraouis à El Guerguarat et appelé l’ONU à fixer une date pour l’organisation référendum permettant au peuple sahraoui d’exercer son droit légitime à l’autodétermination.
L’action « délibérée » du Maroc à El Guerguarat, en violation du cessez-le-feu de 1991, a contraint le Polisario à reprendre la lutte armée, marquant un « nouveau chapitre et un nouveau moment de l’histoire pour la libération du peuple sahraoui », après avoir « attendu un processus de paix mené par la Mission des Nations Unies pour l’organisation d’un référendum au Sahara occidental, la MINURSO », a indiqué Catherine Constantinides, citée par le site Web d’actualités et d’informations basé en Afrique du Sud, Independant online (IOL).
Près de 30 ans plus tard, « faute de volonté politique et sans référendum en vue, la mission onusienne, MINURSO, chargée d’organiser et de surveiller le référendum pour l’autodétermination du peuple sahraoui du Sahara occidental, a échoué », a-t-elle souligné.
En outre, a-t-elle précisé, il « convient de noter que la MINURSO est la seule mission de maintien de la paix au monde qui ne surveille pas les droits de l’homme, de sorte que la violation continue des droits de l’homme dans le territoire occupé est « passée inaperçue ». C’est un « vil échec de la part de l’ONU, car la communauté internationale, les organisations de défense des droits de l’homme et les militants réclament depuis des années un mandat en faveur des droits de l’homme sous la MINURSO ».
Notant que la situation née de l’agression marocaine « apporte de l’instabilité dans la région et de l’incertitude au Sahel », Catherine Constantinides a appelé le Maroc à « mettre immédiatement fin à son comportement expansionniste et colonialiste au Sahara occidental, à se retirer du territoire occupé et à respecter ses frontières internationalement reconnues ».

Leave a Reply