SPORTS

Equipe Nationale : Quelle relève pour les gardiens de but ?

Le statut de gardien de but au sein de la sélection semble figé dans le temps. Installé depuis bientôt deux ans, le trio « M’Bolhi-Doukha-Oukidja » compose un socle inamovible. Pourtant, malgré l’expérience de ces derniers, le renouveau fait débat.

Tout comme leurs prédécesseurs, les dirigeants actuels ont implicitement instauré une hiérarchie immuable dans les buts. La place de Raïs M’Bolhi (34 ans), dans un rôle de titulaire indiscutable, est désormais consolidée par deux doublures idéalement établies. Il faut dire que l’expérience du natif de Paris parle pour lui. Présent depuis 2010, ce dernier compte 73 sélections à son actif, incluant 71 titularisations. Un bilan flatteur, symbolisé par un temps de jeu conséquent de 6.448 minutes en tout et pour tout.
Cette confiance est évidemment loin d’être usurpée. Considéré comme le véritable taulier de l’arrière garde algérienne, il en est également le vice-capitaine. Souvent décrié, il a toujours réussi à répondre présent lors des rencontres importantes. Ses prestations lors du Mondial 2014 et dans la course au titre en CAN (2 buts encaissés ndlr), n’ont alors fait que légitimer ce choix. Depuis plusieurs mois, Raïs M’Bolhi est donc secondé dans ses fonctions par A. Doukha (34 ans) d’Al-Raed et Alexandre Oukidja (32 ans) du FC Metz.

Sur le plan comptable, l’ancien joueur de la JS Kabylie, international depuis 2011, a disputé 13 capes contre 3 apparitions pour le Messin. Une statistique de prime abord famélique, mais dont une autre lecture permet de mettre en avant la logique de ce fonctionnement. Dans un football moderne où la stabilité fait défaut, le liant qui unit ces trois acteurs est un atout majeur.
Ce mécanisme rôdé est guidé d’une main de maître par Aziz Bouras, l’entraîneur des gardiens. En premier lieu, une communication fluide. Dans un effectif expérimenté (27 ans de moyenne d’âge ndlr), l’impact de ces hommes est primordial et leur capacité à soutenir le groupe a souvent été bénéfique pour leurs coéquipiers. Le deuxième élément concerne la vie collective. En gardant un trio solide, le dialogue s’effectue d’autant plus facilement que cela favorise les automatismes, dans un secteur pourtant concurrentiel.

Ce résumé nous permet donc de poser les bases chiffrées et d’analyser la situation actuelle. Une réalité qui n’empêche cependant pas de s’interroger pour le futur : Qui peuvent donc être les prochains acteurs du renouveau pour les Verts ?
La problématique de cet article ne concerne évidemment pas la qualité de jeu des dépositaires du poste mais bien le poids des années. Les solides trentenaires se rapprochent de la fin d’une longue carrière et la Coupe du monde 2022 pourrait être leur dernière compétition.

UN RÉSERVOIR À CONFIRMER

Parmi les noms plébiscités, celui de Mustapha Zeghba (29 ans) fait figure d’épouvantail. Il est le plus expérimenté et bien qu’ayant déjà une carrière avancée, il ne reste pas loin de la rotation. En évoquant sa situation, on l’imagine ainsi s’installer dans le présent ou le futur proche, sans pour autant le baliser d’un titre de « successeur » qui serait totalement erroné.
Convoqué à trois reprises, le portier de Damac en Arabie Saoudite, compte une apparition sur le terrain. Son style de jeu apporte également une alternative intéressante. Malgré une envergure imposante (1m90), le M’Silien est un gardien vif, aux réflexes impressionnants jouant près de sa ligne. Pour beaucoup, son âge ne joue assurément pas en sa faveur dans ce prisme de fraîcheur. Cependant, une intégration stable dans le groupe en vue des prochaines échéances pourrait être une bonne préparation de l’après M’Bolhi.

Dans la même configuration, Toufik Moussaoui (28 ans) se rapproche également de ce rôle d’intermédiaire. La nouvelle recrue du CR Belouizdad semble en net regain forme, une composante déjà visible au cours de sa dernière saison avec le Paradou AC. Un retour au premier plan qui arrive à point nommé et qui est à souligner.
Nous poursuivons notre tour d’horizon avec Gaya Merbah (25 ans) et Abdelkader Salhi (27 ans). Deux portiers au profil et au parcours similaires. Arrivés à maturité, ils semblent être tous désignés pour prendre la relève. Leur expérience acquise dans le championnat local plaide d’autant plus en ce sens.
Des performances qui ne laissent pas la direction technique indifférente, loin de là. Abdelkader Salhi a, de fait, eu la joie de disputer ses trois premiers matchs durant les mandats de Rabah Madjer et Lucas Alcaraz et a récemment retrouvé l’EN comme remplaçant. À noter que sa signature au MCA lui permet de retrouver un deuxième souffle, après quelques mois d’incertitude.

Pour Gaya Merbah il s’agit d’une ascension fulgurante. Passé de la modestie du RC Arbâa en 2016, à la renommée du NA Hussein-Dey, il est désormais auréolé d’un titre de champion d’Algérie avec le CRB. Un bagage certain malgré sa jeunesse, qui lui a permis d’attirer l’œil du staff national. Il a ainsi connu sa première convocation à l’occasion d’une rencontre face à la Gambie l’an dernier.
Enfin, la dernière alternative concerne Alexis Guendouz (24 ans). Formé à l’AS Saint-Etienne, c’est à travers son prêt à Pau, en troisième division française, qu’il réussit à se construire. Deux années salvatrices, durant lesquelles il s’épanouit, et où il se voit récompensé d’une promotion en Ligue 2. Barré dans le Forez, il a finalement décidé de quitter la France cet été pour s’engager avec l’USMA. Un projet ambitieux pour se lancer définitivement. Désiré par Antar Yahia, il dispose désormais d’un statut à même de le mettre en avant.

EN ATTENDANT LES PROCHAINS

Comme pour toute période de transition, la jeunesse apporte avec elle son lot de nouveautés. Nous pouvons ainsi évoquer une liste non-exhaustive d’espoirs s’inscrivant dans cette lignée. À Troyes, le longiligne Ryan Bouallak (21 ans) a intégré le groupe professionnel cette saison, une première. Il en est de même pour Dorian Salhi (21 ans) du côté de l’USL Dunkerque.

Toujours en France, Ylies Zitouni (18 ans) à Amiens et Yanis Saidani (19 ans) évoluant au PSG sont également en passe de découvrir la sélection avec les U20. Ces derniers ont en effet été intégré à la liste élargie de la FAF, pour son stage organisé du 22 au 25 octobre au Centre Technique National. En Algérie, Mokhtar Ferrahi (24 ans) au PAC, Abdelmoumen Sifour (22 ans) de l’USMA, ou encore Karam Hamdad (20 ans) de la JSK peuvent quant à eux gagner en temps de jeu et visibilité cette saison.
Le poste de gardien de but au sein de l’équipe d’Algérie semble donc arrivé à un tournant générationnel. Raïs M’Bolhi, A.Doukha et Alexandre Oukidja contribuent au maintien d’une stabilité peu remise en question, se justifiant des résultats positifs de la sélection. Comme évoqué, cela ne nous interdit cependant pas de réfléchir à l’après, et cette présentation globale des potentiels successeurs en est une première esquisse.

Leave a Reply