INTERNATIONAL

Russie – Biélorussie : Poutine rencontre Loukachenko dans un contexte international sous tension

Le président russe et son homologue biélorusse se rencontrent ce 14 septembre. Le contexte international est marqué par la grave crise politique en cours en Biélorussie, et par l’affaire Navalny, sources d’accusations des gouvernements occidentaux. Dans un contexte très tendu de crise politique, marqué par de nombreuses manifestations et un grand nombre d’arrestations d’opposants depuis sa réélection le 9 août, le président biélorusse, Alexandre Loukachenko, rencontre ce 14 septembre à Sotchi son homologue russe Vladimir Poutine.

Selon un communiqué du Kremlin, la rencontre entre les deux chefs d’Etat devait servir à évoquer «les perspectives du processus d’intégration» entre les deux capitales. Une attention particulière a été par ailleurs accordée à la mise en œuvre de grands projets communs dans les domaines commercial, économique, énergétique, culturel et humanitaire. La relation entre les deux pays a fait l’objet de tensions récentes, Alexandre Loukachenko allant jusqu’à accuser Moscou d’avoir voulu fomenter des troubles avant l’élection présidentielle. Les autorités russes avaient démenti et souligné les bonnes relations qui existent entre Russie et Biélorussie. Le contexte diplomatique est également particulièrement tendu pour Moscou, cible de nombreuses critiques occidentales dans l’affaire Navalny. La France, l’Allemagne et les Etats-Unis, entre autres, réclament notamment des comptes aux autorités russes quant à l’empoisonnement présumé dont aurait été victime l’opposant. La Russie, de son côté, souligne que les médecins de Moscou et Omsk n’ont pas trouvé de trace d’empoisonnement lors de leurs analyses sur l’opposant russe, et déplore un manque de coopération de l’Allemagne (où a été transféré Alexeï Navalny) dans cette affaire.

Une rencontre critiquée par Svetlana Tikhanovskaïa

La principale représentante de l’opposition biélorusse, Svetlana Tikhanovskaïa, a critiqué le 14 septembre la rencontre des présidents Vladimir Poutine et Alexandre Loukachenko qu’elle considère comme un «dictateur». «Je tiens à rappeler à Vladimir Poutine : quoi que vous acceptiez et peu importe ce sur quoi vous tomberiez d’accord lors de la réunion à Sotchi, cela n’aura aucune force juridique. Tous les accords signés avec Loukachenko, qui est illégitime, seront réexaminés par les nouvelles autorités. Parce que le peuple biélorusse a refusé de faire confiance à Loukachenko et de le soutenir lors des élections. Je suis très déçue que vous ayez décidé de dialoguer avec le dictateur et non avec le peuple biélorusse», a-t-elle écrit dans une déclaration sur Telegram, depuis la Lituanie où elle s’est réfugiée après l’élection contestée du 9 août.

Crise politique en Biélorussie
L’annonce de la réélection d’Alexandre Loukachenko avec environ 80% des voix (contre quelque 10% pour sa principale rivale, Svetlana Tikhanovskaïa) a déclenché dès le 9 août dans toutes les grandes villes de Biélorussie des manifestations de contestation des résultats du scrutin, ainsi qu’un mouvement de grève.

La police a réagi en procédant à des milliers d’arrestations dans les soirées qui ont suivi le scrutin. Des personnes libérées ont témoigné à l’AFP de privation d’eau ou de nourriture durant leur détention, ou encore de passages à tabac. Alexandre Loukachenko a rapidement dénoncé les mobilisations anti-gouvernementales en évoquant, notamment, «des appels à téléguider» les protestataires depuis l’étranger. A plusieurs reprises, il a suggéré que les manifestants contestant sa réélection étaient manipulés par des forces extérieures. En outre, les partisans du chef d’Etat réélu ont eux aussi organisé des mobilisations dans le pays. Plusieurs gouvernements occidentaux ont haussé le ton vis-à-vis de Minsk. La Commission électorale centrale biélorusse a rejeté toutes les plaintes au sujet d’une non-validité des résultats de l’élection présidentielle. Néanmoins, le 17 août, le chef d’Etat biélorusse a fait savoir qu’une nouvelle élection présidentielle pourrait se tenir si une nouvelle Constitution était adoptée par référendum.

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