MONDE ARABE

Une centaine de morts et plus de 4000 blessés dans une double exposition à Beyrouth : Un jour « Sombre » pour le Liban

Les puissantes explosions qui ont secoué mardi le port de Beyrouth ont fait plus d’ine centaine de mort morts et plus de 4.000 blessés, selon un derniers bilan fourni à la presse par un responsable du ministère de la Santé.
Ce bilan est toutefois provisoire, selon le directeur général du ministère, Fadi Sanan. Plus tôt le ministre de la Santé, Hamad Hassan, avait assuré que les hôpitaux de la capitale étaient saturés par l’afflux des blessés.
Réuni d’urgence, le Conseil supérieur de la Défense a déclaré que les déflagrations étaient dues à l’explosion de 2.750 tonnes de nitrate d’ammonium dans le port. L’ammonium entre dans la composition de certains engrais mais aussi d’explosifs.
Le directeur général de la Sûreté générale, Abbas Ibrahim, avait indiqué auparavant que les explosions dans un entrepôt du port étaient peut-être dues à des « matières explosives confisquées depuis des années ».
Vers 18H00 locales, (15H00 GMT), une première explosion est entendue à Beyrouth, suivie d’une autre très puissante qui a provoqué un gigantesque champignon dans le ciel. Les immeubles ont tremblé et les vitres ont été brisées à des kilomètres à la ronde. Le souffle a été ressenti jusqu’à l’île de Chypre à environ 200 km de là.
Selon un dernier bilan provisoire du ministère de la Santé, 73 personnes ont été tuées et 3.700 blessées. Les hôpitaux de la capitale sont saturés.
L’ONU au Liban a affirmé que des Casques bleus avaient été grièvement blessés à bord d’un navire endommagé par les explosions.

Beyrouth proclamée « ville sinistrée »

La capitale libanaise Beyrouth a été proclamée « ville sinistrée » par le Conseil supérieur de Défense après les puissantes explosions survenues mardi dans le port de la ville, et provoquant des dégâts colossaux dans tous ses quartiers, rapportent CE mercredi les médias.
Les habitants de la capitale libanaise, déclarée « ville sinistrée », se sont réveillés CE mercredi matin sous le choc dans un paysage « apocalyptique ».
Selon de nombreuses vidéos circulant sur les réseaux sociaux, un incendie était déjà en cours dans des bâtiments sur les quais du port de Beyrouth quand une explosion a provoqué un souffle massif et une très haute colonne de fumée dans le ciel, vraisemblablement lorsque le feu a atteint un entrepôt contenant le nitrate d’ammonium.
Selon des témoins, les déflagrations ont été entendues jusqu’à la ville côtière de Larnaca, à Chypre, distante d’un peu plus de 200 km des cotes libanaises.
Les vitres des immeubles et des magasins ont voté en éclats à des kilomètres à la ronde.
Aux abords, du quartier du port, les dommages et les destructions sont considérables.
Trois heures après l’explosion, l’incendie n’était toujours pas éteint sur place.
Dans le port, un navire en flammes faisait craindre mardi soir une explosion de son réservoir de carburant.
L’onde de choc a provoqué des destructions partielles ou totale de bâtiments, des incendies et d’innombrables dégâts dans toute la ville sur des kilomètres, en plus du bilan en pertes humaines qui est très lourd.
Juste après le sinistre, le Conseil supérieur de Défense du Liban, qui réunit notamment le Président, le Premier ministre et la ministre de la Défense, a recommandé au gouvernement de décréter l’Etat d’urgence, selon l’agence libanaise d’informations ANI.
« Une catastrophe majeure s’est abattue sur le Liban », a déploré le président Michel Aoun à l’ouverture de la réunion d’urgence mardi .Les autorités ont déclaré un jour de deuil national.
Face à l’ampleur du sinistre, qui touche un pays en plein crise économique, le Premier ministre libanais, Hassan Diab, a fait appel, mardi soir, à l’aide internationale.
Il a confirmé qu’un dépôt avait explosé dans le port et a souligné qu’il fallait attendre les conclusions de l’enquête.
L’explosion serait partie d’un stock de nitrate d’ammonium dans le port, substance qui entre dans la composition de certains engrais mais aussi d’explosifs, utilisée comme base de nombreux engrais azotés sous forme de granulés et a causé plusieurs accidents industriels dans le monde.

L’Union européenne envoie une centaine de pompiers spécialisés

L’Union européenne va envoyer à Beyrouth une centaine de pompiers spécialisés pour aider les recherches dans la ville dévastée et s’est dite prête à mobiliser une aide supplémentaire, a annoncé, dans un communiqué, le commissaire européen chargé de la gestion des crises, Janez Lenarcic.

« Le mécanisme de protection civile de l’UE a été activé à la demande des autorités libanaises et coordonne actuellement le déploiement urgent de plus de 100 pompiers hautement qualifiés, avec des véhicules, des chiens et du matériel, spécialisés dans la recherche et le sauvetage en milieu urbain. »

« Les Pays-Bas, la Grèce et la République tchèque ont déjà confirmé leur participation à cette opération critique », a précisé le commissaire. « La France, la Pologne et l’Allemagne ont aussi offert leur aide à travers le mécanisme et d’autres Etats membres peuvent apporter leur soutien. »

Le Mécanisme européen de protection civile a été institué en 2001 pour permettre aux pays de l’UE participants de coordonner leur aide et de déployer des moyens dans le monde entier en cas de situation d’urgence de grande ampleur à laquelle ne peut pas faire face seule la protection civile d’un pays. L’UE a également activé son système de cartographie par satellite Copernicus pour aider les autorités libanaises à évaluer l’étendue des dégâts.

Le chef des douanes évoquerait une faute de la direction du port

Au lendemain de la double explosion meurtrière qui a eu lieu dans le port de Beyrouth, «Badri Daher, directeur des douanes, a assuré aux médias, mercredi matin, qu’il y avait effectivement un entrepôt de feux d’artifice à côté de l’entrepôt de nitrate d’ammonium qui a explosé», a rapporté ce 5 août l’Orient le jour. «Il a fait assumer la responsabilité du drame à la direction du port», a précisé le quotidien francophone libanais. La veille, le gouvernement a pointé du doigt une cargaison de nitrate d’ammonium stockée «sans mesures de précaution» dans le port. «Il est inadmissible qu’une cargaison de nitrate d’ammonium, estimée à 2 750 tonnes, soit présente depuis six ans dans un entrepôt, sans mesures de précaution. C’est inacceptable et nous ne pouvons pas nous taire», avait en effet déclaré le 4 août au soir le Premier ministre Hassan Diab devant le Conseil supérieur de défense qui a tenu une réunion d’urgence, comme l’a rapporté l’AFP.

Le nitrate d’ammonium, un engrais chimique et également composant d’explosifs, est à l’origine des explosions de Beyrouth. Comme le note l’AFP, il s’agit d’un sel blanc et inodore utilisé comme base de nombreux engrais azotés sous forme de granulés, et qui a causé plusieurs accidents industriels, dont l’explosion de l’usine AZF à Toulouse en 2001. La détonation n’est possible qu’avec une contamination par une substance incompatible ou une source intense de chaleur. Et le stockage doit donc suivre des règles pour isoler le nitrate d’ammonium de liquides inflammables comme l’essence, de liquides corrosifs, de solides inflammables ou encore de substances qui dégagent une chaleur importante, parmi d’autres interdits, selon une fiche technique du ministère français de l’Agriculture. Les deux gigantesques explosions au port de Beyrouth qui ont dévasté des quartiers entiers de la capitale libanaise ont fait au moins 100 morts et plus de 4 000 blessés, selon la Croix Rouge libanaise. «Jusqu’ici, plus de 4 000 personnes ont été blessées et plus de 100 ont été tuées. Nos équipes poursuivent leurs recherches et opérations de secours dans les zones environnantes», a ajouté l’organisation dans un communiqué publié dans la matinée du 5 août.

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