MONDE ARABE

Maroc : La police tue un camerounais après la découverte d’un camp de migrants dans une forêt

Alors que de nombreux Marocains célébraient la fête musulmane de l’Aïd el-Kebir, un migrant camerounais a été tué après que la police a découvert un camp illégal dans la forêt au nord de Tanger. Les autorités ont ouvert une enquête sur les circonstances de sa mort. Treize autres migrants ont été arrêtés après avoir accompagné le défunt à l’hôpital.

Les vidéos d’un groupe de migrants subsahariens transportant le corps d’un des leurs sur une civière de fortune fabriquée à partir de branchages sont devenues virales sur les réseaux sociaux marocains pendant le week-end de l’Aïd el-Kebir (appelé Tabaski en Afrique centrale). L’homme dont le corps peut être vu sur l’une des vidéos était un Camerounais prénommé Félix. Il faisait parti d’un groupe de migrants qui espéraient voyager vers l’Europe.

Selon les autorités marocaines, ce sont des officiers des Forces auxiliaires, une force militaire d’appui, qui ont découvert un campement de migrants dans la forêt alors qu’ils menaient une opération en réponse à une alerte incendie près des jardins de Donabo à l’ouest de Tanger.

« Ils ont pris nos chaussures et ont tout confisqué »

Joseph (le nom a été changé), un autre migrant camerounais, vit au Maroc depuis plus d’un an et demi. Il a rencontré Félix à Tanger. Tous deux, ils appartenaient à une communauté composée d’autres migrants camerounais. Ils se cachaient sur la rive du détroit de Gibraltar, à moins de 25 km de la côte espagnole lorsqu’ils ont été repérés par la police.

Nous étions au bord de l’eau, dans la forêt où nous nous cachions. Les policiers menaient des fouilles dans la forêt et nous ont trouvés. Nous n’avons fait aucun bruit. Ils nous ont dit de nous calmer et de sortir de la forêt. Ils ont enlevé nos chaussures et nous ont fait sortir. Puis ils ont commencé à confisquer tout ce que nous avions. Ils ont tout pris. Ils ont commencé à regarder dans nos téléphones et nous leur avons dit : “s’il vous plaît, laissez-nous au moins nos téléphones pour que nous puissions appeler nos familles. La seule chose que nous avons, ce sont nos téléphones. Vous avez tout pris, au moins laissez-nous ça”. Ils ont dit “non”.

Nous nous sommes agenouillés. Ils ont dit qu’ils allaient tout prendre et nous avons résisté. lls nous ont frappés avec des couteaux. Nous avons réussi à les repousser avec des pagaies de bateau. Puis nous avons commencé à courir dans des directions différentes. J’étais à bout de souffle et j’avais très peur qu’ils me prennent.

Pour échapper à la police, Joseph a couru vers une maison dans laquelle les migrants avaient déjà séjourné. Ce n’est qu’à ce moment qu’il a appris le décès de son ami Félix.

Dès que je suis entré dans la maison, quelqu’un m’a appelé pour me dire que Félix était mort au camp et que d’autres partaient chercher son corps.

Des vidéos montrent des migrants transporter le corps de Félix sur une civière de fortune, accompagnés de plusieurs policiers.

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