REGION

Parc national de Tlemcen : Un potentiel touristique sous-exploité

Le parc national de Tlemcen fut le huitième parc national créé en 1993. Sa création constitue une reconnaissance de sa biodiversité, de ses remarquables sites et monuments historiques qui témoignent d’une civilisation antique de la ville de Tlemcen, la perle du Maghreb. Peu études sont consacrées au parc national de Tlemcen, et les existantes traitent davantage la problématique de la dégradation des écosystèmes forestiers (Gaouar, 1980 ; Dahmani, 1984 ; Letreuch, 2002 ; Letreuch, Medjahdi et Benabdeli, 2009). Deux études abordent plus précisément la gestion participative et partagée des ressources en eau au sein du parc national de Tlemcen (Boumaza, 2012), et la promotion touristique dans la Médina de Tlemcen (Sekkoum, 2012).
La particularité de ce parc réside dans sa position géographique : sa localisation à l’extrême nord-ouest du pays lui confère une importance écologique certaine vis-à-vis des mouvements migratoires de la faune avienne compte tenu de la proximité du couloir de migration occidental. Le parc abrite également les suberaies de Hafir et Zarifet constituées, en majeure partie par des peuplements reliques de l’Oranie — notamment avec des sujets âgés de plus de 200 ans — qui fournissaient le meilleur liège d’Algérie (Boudy, 1955) et la zeenaie de l’ouest de l’Algérie (zéenaie de Hafir) évoluant dans un microclimat humide, dont la sous-espèce Quercus faginea subsp tlemceniensisne se rencontre qu’en Oranie. Ce sont également des sites naturels d’une grande curiosité comme l’Ourit et les grottes de Beni Add et des monuments historiques et archéologiques d’une valeur inestimable, témoins des civilisations passées (Mansourah, la mosquée de Sidi Boumédiène, la mosquée d’Agadir, le tombeau d’Abou Ishac El Tayar, etc.). Ultime reconnaissance, en 2016, le parc de Tlemcen a été classé réserve mondiale de la biosphère par l’UNESCO.
Des spécialistes ont par ailleurs, présenté à maintes reprises des analyses intéressante où le tourisme se présente comme un moyen permettant de valoriser les ressources qui permettrait d’engendrer un développement local viable et soutenable dans cette région du pays tout en gardant sa fonction initiale : la protection et la préservation du patrimoine naturel et culturel.
Pour la concrétisation de ce travail, nous avons utilisé les données des différents services techniques locaux (la maison du parc national de Tlemcen ; la direction de conservation des forêts de la wilaya de Tlemcen ; la direction de tourisme et de l’artisanat). Notre étude s’appuie sur une enquête réalisée au niveau de deux sites de ce parc, auprès des visiteurs et des touristes, à partir d’un questionnaire portant sur le caractère socioculturel de l’enquêté.
Le parc offre des potentialités considérables pour le développement du tourisme notamment le tourisme de nature. Suer le plan de la flore, le parc recense 953 espèces, dont 39 protégées représentées essentiellement par des forêts. On cite notamment : la forêt domaniale de Haffir (située à la limite ouest du parc et constituée de chêne-liège et de chêne vert), la forêt domaniale de Zariffet (où dominent le chêne-liège et le chêne zeen), la forêt d’El Ourit réputée pour ses cascades, enfin, la forêt de Montas (constituée essentiellement de chêne zeen).

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