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Wikileaks : Assange avait été espionné comme dans un «film d’espionnage» !

L’un des avocats de Julian Assange, Baltasar Garzon, a affirmé que le fondateur de Wikileaks avait été espionné comme dans «un film» lorsqu’il était réfugié dans l’ambassade d’Equateur à Londres. L’ancien magistrat et avocat espagnol de Julian Assange, Baltasar Garzon, a affirmé ce 27 juillet, après avoir été entendu par un juge à Madrid, que le fondateur de Wikileaks, Julian Assange, avait été espionné comme dans «un film» lorsqu’il était réfugié dans l’ambassade d’Equateur à Londres. Julian Assange a porté plainte en 2019 contre la société espagnole Undercover Global, qu’il accuse de l’avoir espionné pendant des années pour le compte des Etats-Unis, lorsqu’il était réfugié au sein de l’ambassade d’Equateur à Londres entre 2012 et 2019. Cette firme était alors chargée de la sécurité de l’ambassade. On pourrait dire que ça n’arrive réellement que dans les films d’espionnage «On pourrait dire que ça n’arrive que dans les films d’espionnage. Mais ce n’est pas un film d’espionnage car la vie d’une personne est en jeu, un journaliste, et tout ce qui a été fait est une persécution contre le rédacteur en chef de Wikileaks, pour avoir rendu publics des faits terribles, des crimes contre l’humanité et des processus de corruption», a déclaré Baltasar Garzon à sa sortie de l’Audience nationale, un tribunal situé à Madrid.

«L’agent de la persécution, ce sont les Etats-Unis […] ce qu’ils font est totalement illégal et ils ont, dans ce cas, utilisé une société de sécurité [Undercover Global] qui, par l’intermédiaire de son plus haut représentant, rapportait régulièrement et méticuleusement tout ce que l’équipe de défense faisait», a-t-il poursuivi. «C’est quelque chose de scandaleux», a-t-il ajouté en évoquant les images de vidéosurveillance prises dans l’ambassade, où l’on voit notamment «les avocats en train de parler à Julian». Baltasar Garzon a ensuite fait savoir que les jours précédents le mandat d’arrêt délivré le 22 décembre 2017 par les Etats-Unis, «il y avait eu des réunions de l’équipe juridique» dans le but de préparer la sortie de Julian Assange de l’ambassade d’Equateur à Londres, «après qu’il eut été nommé agent diplomatique par le gouvernement équatorien». Et d’expliquer : «Cela a été signalé aux Etats-Unis et ils ont immédiatement délivré le mandat d’arrêt afin qu’aucun gouvernement ne puisse faire quelque chose qui était totalement légitime concernant quelqu’un qui avait obtenu l’asile à l’ambassade d’Equateur à Londres.»

Des «chevaux de Troie dans les téléphones de sa famille»

L’ancien juge a par ailleurs rappelé que l’Australien a fait l’objet d’une surveillance lors de réunions, «mais aussi dans sa vie privée, notamment avec l’introduction de chevaux de Troie dans les téléphones de sa famille, de ses filles, pour enquêter sur lui et découvrir des secrets qui ont été rapportés à d’autres autorités, dans ce cas aux Etats-Unis, ou d’autres que nous ignorons». Selon la plainte du fondateur de Wikileaks, des micros et caméras étaient cachés jusque dans les toilettes pour femmes où l’Australien organisait bon nombre de réunions par souci de confidentialité, ainsi que dans les supports des extincteurs.

La défense de Julian Assange, qui est actuellement en détention préventive à la prison de haute sécurité de Belmarsh, au Royaume-Uni, espère que l’enquête pour espionnage en cours en Espagne pourra l’aider dans la procédure d’extradition lancée à son encontre par les Etats-Unis, qui doit reprendre le 7 septembre à Londres. L’Australien de 49 ans y est poursuivi et encourt jusqu’à 175 ans d’emprisonnement pour avoir diffusé à partir de 2010 des centaines de milliers de documents classifiés sur les activités militaires et diplomatiques américaines, notamment en Irak et en Afghanistan. «Nous avons mis à disposition des autorités judiciaires britanniques tout ce matériel car il a une incidence directe sur l’extradition et, de notre point de vue, il montre que Julian Assange a subi une persécution politique où toutes les règles d’un procès équitable ont été violées, ils ont utilisé de fausses preuves», a plaidé Baltasar Garzon. Et d’ajouter : «Ainsi, en l’emmenant aux Etats-Unis, outre le fait que cela constitue une attaque contre la liberté d’expression et la liberté d’accès à l’information, ce serait une violation, un mépris de tous les droits à un procès équitable et à la défense.

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