INTERNATIONAL

Crise au Mali : Réunion du Conseil de sécurité par visioconférence

Le Conseil de sécurité tiendra s’est tenue ce lundi par visioconférence à huis clos pour débattre de la crise au Mali, après l’échec de la médiation initiée par les chefs d’Etats de la Cédéao.
La réunion conviée par la Russie pour le week-end dernier, a été reportée sur proposition du Niger qui a préféré attendre les résultats de la Mission de bons offices, menée jeudi à Bamako par cinq dirigeants de cette organisation intergouvernementale.
Le représentant spécial de la Mission multidimensionnelle intégrée des Nations-unies pour la stabilisation au Mali (Minusma), Mohamet Salah Annadif, devrait briffer le Conseil sur les derniers événements survenus dans ce pays sahélien.
Concomitamment, un sommet extraordinaire des dirigeants de la Cédéao se tiendra lundi au Niger en vue de proposer des mesures pour une sortie de crise au Mali.
Le président du Niger, Mahamadou Issoufou, qui préside actuellement la Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’Ouest (Cédéao), a fait savoir que des décisions et des mesures importantes seront dévoilées lors de ce Sommet.
« Nous avons décidé de faire un compte-rendu à l’ensemble des chefs d’Etat de la Cédéao dans le cadre d’un sommet extraordinaire qui est convoqué pour le lundi » 27 juillet, a déclaré aux médias Mahamadou Issoufou, ajoutant que des « mesures fortes pour accompagner le Mali » seront prises lors de ce sommet qui se déroulera par visioconférence.
Le sommet a été convoqué dans l’espoir de trouver un compromis entre le gouvernement et le Mouvement du 5 juin-rassemblement des forces patriotiques (M5-RFP) qui demande le départ du président Ibrahim Boubacar Keita.
Les tensions qui secouent le Mali depuis le mois de juin ont dégénéré lors de la troisième manifestation du mouvement le 10 juillet. Des violences ont éclaté et se sont poursuivies tout le weekend. Onze (11) personnes y ont perdu la vie et 158 autres ont été blessées, selon les données officielles.
Ce mouvement de contestation est né après l’annonce des résultats des dernières législatives.
L’opposition reproche à la Cour constitutionnelle d’ »avoir inversé une trentaine de résultats, dont une dizaine au profit du parti du Rassemblement pour le Mali (RPM), le parti au pouvoir.
Depuis, les différentes revendications portées par ce mouvement qui fédère opposition, société civile, syndicats et religieux ont évolué en une seule, la démission du président Ibrahim Boubacar Keïta dit IBK et le départ du pouvoir en place.
A cette exigence, la Cédéao a opposé un refus en indiquant qu’elle n’avait pas été « mandatée pour demander la démission du président ».
« La délégation de la Cédéao a aussi affirmé qu’aucune organisation internationale ne soutiendra le mouvement M5-RFP dans sa démarche visant la démission du chef de l’Etat », argumentant sa position par « les besoins de stabilité, de la légalité et les risques à courir après le départ d’un président élu ».


L’Algérie, « une force d’équilibre » à même de contribuer au règlement de la crise au Mali

L’Algérie en tant que « force d’équilibre » peut contribuer au règlement de la crise politique au Mali et jouer un rôle primordial dans la région, a affirmé l’enseignant universitaire en Sciences politiques et Relations internationales, Mustapha Bekhouche.
Dans une interview accordée au quotidien arabophone « Al Khabar », parue dimanche, M. Bekhouche a expliqué que « l’Algérie a toujours été présente au Sahel et particulièrement dans la crise malienne en tant que médiateur neutre et accepté par toutes les parties » (gouvernement et opposition), rappelant qu’elle avait conduit les négociations de paix entre le gouvernement malien et le Mouvement Azaouad ayant mis fin aux soulèvements des Touaregs en1991-1995 et 2006-2009.
Il a souligné que le mouvement populaire au Mali « a ressuscité le débat sur le rôle de l’Algérie dans la stabilité de la région, en tant que force d’équilibre disposant des capacités et ressources lui permettant de jouer un rôle primordial », et ce pour plusieurs considération, a-t-il ajouté.
Il s’agit de considérations d’ordre interne au regard de la politique étrangère de l’Algérie, qui est un partenaire stratégique en matière de lutte anti-terroriste et d’ordre régional de par le mode de vie des Touareg, présents en Algérie, au Burkina Faso, au Tchad, en Libye et au Niger, basé sur le nomadisme transfrontalier, qui représente un véritable défi pour tous les pays de la région.
Pour cet expert, l’enjeu est de développer les zones frontalières et la créer des zones franches facilitant la circulation des personnes et des marchandises.
Par ailleurs, il a évoqué les efforts de l’Algérie en faveur d’une riposte régionale coordonnée en matière de lutte contre le terrorisme transfrontalier, la contrebande et autres formes du crime organisé.

Des efforts couronnés, a-t-il rappelé, par « la conclusion, en 2009, du Plan de Tamanrasset entre l’Algérie, le Niger, le Mali et la Mauritanie, conduisant, en 2010, à la création du Comité d’état-major opérationnel conjoint (CEMOC) situé à Tamanrasset et à la mise en place d’une cellule mixte du renseignement à Alger ».
Estimant que les raisons des manifestations populaires au Mali ne peuvent pas être circonscrites à l’aspect sécuritaire seulement, M. Bekhouche a cité des revendications liées au développement, à la gestion politique et économique des régimes successifs et au rôle de la France, en tant qu’ancienne puissance coloniale.
Concernant l’échec de la mission de la Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) à parvenir à une solution au Mali, l’expert a relevé que « la complexité » de la crise au Mali du fait de l’enchevêtrement de plusieurs facteurs et considérations et de la multiplicité des parties impliquées. « Le Mali est un microcosme des défis sécuritaires, politiques et économiques qui se posent à tout le Sahel », a-t-il expliqué.
A la question de savoir si la présence de la France au Mali et dans le Sahel était à l’origine de l’explosion de la crise, ce spécialiste a indiqué que « l’intervention militaire française (opérations Serval et Barkhane) ont été menées en accords avec le Gouvernement malien afin de récupérer les territoires tombés entre les mains des groupes terroristes au nord du Mali en 2012 et pour l’éradication des groupes armés ».
Il a ajouté, néanmoins, que cette présence « reflète en vérité la nature de la relation de la France à ses anciennes colonies africaines » même, a-t-il dit « si le Quai d’Orsay la justifie par l’aide de l’Armée malienne à stopper la progression des groupes armées, à préserver l’intégrité de l’Etat malien et à sauver les otages français ».
« Les experts sont unanimes à affirmer que l’intervention de la France répond essentiellement au souci de préserver ses intérêts vitaux dans la région » qui recèle d’énormes richesses naturelles, notamment le Gaz et les ressources minières, a-t-il conclu.

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