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Serbie : Débordements nocturnes à Belgrade après l’annonce gouvernementale d’un couvre-feu

Véhicule de police incendié, déploiement de la garde montée… La tension est montée d’un cran en marge d’un rassemblement nocturne de plusieurs milliers de personnes dans la capitale serbe après l’annonce d’un couvre-feu par le gouvernement . Comme en témoignent plusieurs vidéos diffusées dans la nuit du 7 au 8 juillet sur la télévision serbe et les réseaux sociaux, Belgrade a été le théâtre d’affrontements intenses entre forces de l’ordre et manifestants, après l’annonce gouvernementale d’un nouveau couvre-feu destiné à lutter contre une résurgence du Covid-19. Tout a commencé dans la soirée par un rassemblement devant l’Assemblée nationale, où des milliers de personnes ont réclamé la démission du président serbe Aleksandar Vucic, à qui ils reprochent d’instaurer de nouvelles mesures restrictives après avoir accéléré le confinement pour pouvoir organiser les élections législatives du 21 juin, largement remportées par son parti (Srpska napredna stranka, Parti progressiste serbe, centre-droit, européiste). «Notre gouvernement essaie de nous imposer une quarantaine [après avoir] commis des erreurs qui ont entraîné l’augmentation du nombre de patients atteints du coronavirus», affirme par exemple un manifestant sur place.

Des véhicules de police incendiés Les heurts ont commencé au moment de l’arrivée d’un cordon policier devant l’entrée du parlement. «La police bat en retraite devant la porte de l’assemblée», témoigne le journaliste Marko Dragoslavic, cité par la chaîne télévisée N1.

La police montée est intervenue pour tenter de contenir les débordements dans les environs, rapporte encore le même reporter, près de deux heures plus tard.

«Des véhicules de police viennent d’être incendiés», a-t-il encore témoigné, vidéo à l’appui.

Repartagées par de nombreux internautes, les images de la télévision serbe montrent d’autres épisodes de violence, comme par exemple cette scène où des forces de l’ordre distribuent de vigoureux coups de matraque à des individus refusant de quitter un banc.

Comme le rapportent plusieurs médias serbes, la police a également fait usage de gaz lacrymogènes pour disperser la foule. «Des manifestants au milieu des gaz lacrymogènes devant le parlement serbe», commente ainsi l’agence de presse Reuters, image à l’appui.

Après avoir maîtrisé la première vague de la pandémie début mai, la Serbie enregistre un rebond du nombre de cas détectés, «passant officiellement d’une cinquantaine de contaminations quotidiennes il y a un mois à environ 300 voire 350 actuellement», rapporte l’AFP. Selon les chiffres officiels, disponible sur le site covid19.rs, la pandémie a contaminé environ 17 000 personnes et fait 330 morts au total malgré de nombreux doutes existant sur une possible sous-évaluation des chiffres par le gouvernement. En effet, le 22 juin, le site d’investigation Balkan Insight avait mis en ligne un article dans lequel la journaliste Natalija Jovanovic écrivait : «Sur la période du 19 mars au 1er juin, un total de 632 personnes sont mortes en Serbie après avoir été testées positives au coronavirus, soit plus de deux fois les chiffres du gouvernement [244 à l’époque].» Le 2 juillet, dans une interview accordée à la chaîne publique RTS, l’homme fort de Belgrade avait de son côté mis en doute les chiffres avancés par le média.

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