SOCIÉTÉ

Alger : Les chauffeurs de taxi réclament des aides

Les chauffeurs de taxi de la wilaya d’Alger sont très remontés. Ils ne comprennent pas pourquoi ils sont les seuls à être empêchés de gagner leur vie. Ils évoquent les grandes difficultés auxquelles ils sont confrontés quotidiennement. Sans travail depuis le 15 mars derniers, ils n’arrivent plus à subvenir aux besoins essentiels de leurs familles. Alors que les factures d’eau, d’électricité et du gaz sont envoyées à leurs échéances, ils n’ont pas les moyens de les payer. « Pour le moment, ni SONELGAZ, ni la SEAAL ne procèdent aux coupures prévues en cas de non-paiement de redevance. Je reconnais que je n’ai pas les moyens de m’en acquitter pour le moment », dit un chauffeur de taxi à Saoula. Il n’est pas le seul à se plaindre, puisque toute la corporation est touchée. « On nous a autorisé à reprendre le travail mais en nous obligeant à respecter des normes qui nous couteraient plus chères que ce que nous aurions gagné. Une plaque en plexi glass pour séparer l’arrière de l’avant du véhicule, c’est 12 000 dinars au moins. Il y a des mois où je ne dégage pas une telle somme comme salaire mensuel. Nous autres chauffeurs de taxis, ne sommes pas des privilégiés. Nous gagnons juste de quoi tenir le coup », dit cette fois un chauffeur de taxi de Bitouta. Ce dernier interlocuteur rue dans les brancards. Il est très en colère : « j’ai eu un grave accident en février dernier. Mon assurance m’a remboursé moins de la moitié des dégâts. Il a fallu deux mois d’immobilisation pour réparer la mécanique et la carrosserie. J’ai déboursé 23 millions de centimes. Ma voiture est immobilisée et je ne peux même pas gagner de quoi nourrir ma famille ».
Ils ont trop attendu une solution qui tarde à se concrétiser. Les mesures d’hygiène qu’ils doivent respecter sont nombreuses et onéreuses. En plus de la séparation entre l’avant et l’arrière du taxi, ils doivent pratiquement stériliser le taxi après chaque course. « Je suis chauffeur de taxi, non ambulancier. Vous vous imaginez les quantités de produits de stérilisation que je dois utiliser chaque jour. Ces produits coutent chers et en plus il faut prendre en compte le temps que je passerai à nettoyer. Je pers moins d’argent en ne travaillant pas », dit un jeune chauffeur de taxi qui doit par ailleurs rembourser le crédit qu’il a contracté pour acheter la voiture. Ils se plaignent aussi des tarifs qu’ils doivent appliquer. « Ces tarifs sont très faibles et ne nous permettent pas de dégager un salaire digne. Nous sommes obligés de jumeler pour nous en sortir. Tout est fait pour nous décourager », s’emporte un chauffeur de taxi dont l’épouse est hospitalisée. Il réclame des aides aux commerçants et artisans qui sont touchés par le confinement.
Saïd Ibrahim

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