CULTURE

Exploration du lac souterrain de Bir Osmane à Guelma : À la recherche de l’épave «Georgette René»

La Fédération algérienne de sauvetage, de secourisme et des activités subaquatiques (Fassas) a organisé, jeudi dernier, une conférence en ligne animée par le docteur Émir Berkane, sur l’exploration de la grotte souterraine du Lac Bir Osmane, dans la wilaya de Guelma, et la découverte de l’épave d’une barque qui porte le nom de «Georgette René».
Emir Berkane est docteur en médecine, spécialiste en communication de santé et en santé environnementale. Militant écologiste, explorateur souterrain et sous-marin, il est président de la commission technique nationale de plongée sous-plafond. Il est également membre fondateur du réseau national pour la protection de la biodiversité marine (Probium) et moniteur de plongée en caverne. Il est le premier, avec Samir Boughlita, à avoir plongé dans le lac souterrain de Youkous en 2014. Il est également l’un des premiers explorateurs de la grotte de Bir Osmane avec l’équipe de plongée d’Annaba, Hippone-Sub, en 2010 et 2011. Sur la découverte de l’épave, Émir Berkane déclare que c’est par hasard qu’en 2010, avec Karim Chiri, spécialiste en plongée souterraine, que nous avons entendu parler de Bir Osmane lors d’une expédition d’exploration de grottes à Annaba. La barque aurait été aperçue en 1997 pour la première fois par Mohamed Hanafi, ancien moudjahid, chasseur et plongeur. Bir Osmane, déclare Berkane, qui se trouve dans le domaine Ben Osmane à quelques kilomètres de Hammam Debagh, est une cavité, ou une «bizarrerie géologique» qui s’est formée en juillet 1878, suite à un tremblement de terre. La secousse a causé l’effondrement du toit d’une cavité. Le tremblement a également ouvert un boyau par lequel l’eau de la nappe phréatique s’est déversée dans la cavité formant ainsi le lac souterrain de Bir Osmane. En 1882, ajoute Berkane, une expédition du régiment de Constantine, menée par Rouillet, explore pour la première fois la grotte à l’aide d’une barque de 9 mètres de long qui porte sur son côté bâbord l’inscription «Georgette René» et sur son côté tribord l’inscription «Bône». Rouillet ajoute Berkane, fait une première étude topographique du site qui est introuvable de nos jours. Il fait également une analyse de l’eau du lac, qui a été retrouvée chez un pharmacien à Guelma. Dans nos recherches, déclare Berkane, «nous tombons sur un certain Jean Sander ». Sander était le maire de la localité au début du XIXe siècle, et qui actuellement est appelée Houari Boumedienne, dont dépend Bir Osmane. Sander aurait organisé des balades touristiques sur le lac à l’intérieur de la grotte. En 1927, une gazette d’un certain Verver qui organisait aussi des balades sur le lac. Berkane déclare que ces informations supposent l’existence d’autres barques autres que celle de Rouillet. L’exploration de la grotte à la recherche de la barque s’est faite en 2010 par Émir Berkane, Lyes Bensaid, Mohamed Kaci, Nadir Chenifi. Mais à l’époque, affirme Berkane, «nous n’étions pas formés à la plongée sous plafond, nous avons donc contacté Pascal Barnabé, double recordman du monde de plongée sous plafond et de plongée en profondeur». Le spécialiste accepte de former l’équipe. Mais pour financer la formation, Berkane affirme que peu de sponsors ont voulu risquer leur argent et c’est l’Institut français (ex-CCF) qui a accepté de prendre en charge le billet et l’hébergement de Pascal Barnabé. Le groupe Amar Benamar, ajoute Berkane, a accepté de prendre en charge le coût de la formation en Algérie et en France.

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