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France : Mort d’Adama Traoré Une contre-expertise met en cause les gendarmes

Bataille d’expertises médicales dans l’affaire Adama Traoré. Une contre-expertise réclamée par la famille révèle que le jeune homme serait décédé d’asphyxie. De leur côté, Christophe Castaner et Didier Lallement apportent leur soutien aux gendarmes. Une nouvelle expertise médicale, réalisée à la demande de la famille d’Adama Traoré, un jeune homme noir de 24 ans décédé en 2016 après son arrestation à Beaumont-sur-Oise, attribue son décès à une technique d’interpellation employée par les gendarmes, selon une source proche du dossier, citée ce 2 juin par l’AFP. Une récente expertise officielle disculpait pourtant les gendarmes. D’après les résultats de la contre-expertise, Adama Traoré serait ainsi mort d’un syndrome asphyxique faisant suite à un œdème cardiogénique. Celui-ci serait dû «à une asphyxie positionnelle induite par le plaquage ventral». La technique d’interpellation des gendarmes serait donc en cause, selon ce document dont l’AFP a pu consulter les conclusions datées du 2 juin.
«Aucune autre cause du décès n’est identifiée», poursuit l’expert qui a, selon l’avocat de la famille Yassine Bouzrou, travaillé à partir des autres expertises et de documents médicaux .

Yassine Bouzrou estime auprès de Ouest France que cette expertise «a la même valeur juridique que celle ordonnée par les juges». «Elle démontre, en tout cas, qu’il existe des charges suffisantes pour que se tienne un procès et qu’il y ait un débat contradictoire sur ces différentes expertises», ajoute-t-il. Cette affaire, érigée en symbole des violences policières, est devenue une bataille entre les experts judiciaires qui écartent la responsabilité des gendarmes et ceux choisis par la famille qui balayent leurs conclusions.

Le préfet de police et Christophe Castaner apportent leur soutien aux policiers

Dans un contexte international marqué par des manifestations pacifiques et des émeutes aux Etats-Unis après le décès de George Floyd (Afro-Américain tué par un policier lors de son interpellation dans le Minnesota) et de rassemblements en France dénonçant «les violences policières», le préfet de police de Paris Didier Lallement a pour sa part exprimé le 2 juin son soutien aux policiers face aux «accusations de violence et de racisme». «Je sais la peine qui est la vôtre devant les accusations de violence et de racisme, répétées à l’infini par des réseaux sociaux et certains groupes d’activistes», a écrit Didier Lallement dans un mail, selon une information de Mediapart confirmée par la préfecture de police à l’AFP. «Pour les citoyens français que nous sommes, une accusation ne suffit pas à faire une vérité. La police de l’agglomération parisienne n’est ni violente, ni raciste : elle agit dans le cadre du droit pour la liberté de tous», écrit-il dans ce mail adressé aux 27 500 fonctionnaires de police de l’agglomération. Interpellé le 2 juin après-midi lors des questions au gouvernement par la députée LFI de Seine-Saint-Denis Sabine Rubin, le ministre de l’Intérieur Christophe Castaner a également défendu la police «qui protège dans ce pays les femmes et les hommes de tout, y compris du racisme». «Il y a une police républicaine qui est engagée jour et nuit pour la sécurité de nos concitoyens. Nous combattons le racisme avec force et nous le faisons sur tous les fronts chaque fois que c’est nécessaire», a insisté Christophe Castaner.

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