REGION

Mila : La prison rouge de Ferdjioua , témoin de la barbarie de la France coloniale

La prison rouge de la ville de Ferdjioua (Ouest de Mila) demeure un témoin de la politique de torture systématique contre les Algériens et de la barbarie du colonialisme français, dont l’Histoire continue de révéler au grand jour.
Les rescapés de ce sinistre de lieu sont marqués dans leur chair et leur âme par les infamies perpétrées par les bourreaux de la France coloniale, et les murs des cellules de la prison semblent encore renvoyer de lointains échos des cris des torturés.
Le moudjahid Brahim Raslaïne, âgé de 85 ans et originaire de région d’Ain el Baida Ahriche (Ouest de Mila), fait partie de ces rescapés.
Responsable à l’époque de la Nahia-3 de la zone-1 de la wilaya historique-2, il se rappelle : « Quiconque est transféré vers la prison rouge est perdu ».

Le Moudjahid fut arrêté vers la fin de la révolution à la suite d’un accrochage avec l’ennemi à Rebaâ près de Ferdjioua, durant lequel il perd connaissance après avoir été grièvement touché à l’épaule. « A mon réveil, je me suis retrouvé à la prison rouge. J’ai passé deux mois dans une cellule obscure et étroite avant d’être transféré vers d’autres prisons puis relâché quelques jours avant l’Indépendance ».
« Mes bourreaux ont choisi de me torturer en laissant mes blessures sans soins. Je ne pensais pas sortir en vie de cet enfer », a ajouté Brahim Raslaine, poursuivant douloureusement que « le plus pénible était d’entendre les cris incessants des autres détenus torturés guettant la mort à tout moment ».
« Les craintes étaient accentuées par les gémissements émis par les prisonniers torturés pendant leurs interrogatoires et les cris d’Allah Akbar lancés par ceux qui allaient être exécutés souvent en les jetant vivants par-dessus Kef Zouabek près d’El Ayadhi Barbès à quelques kilomètres de Ferdjioua », a-t-il déclaré.
Parmi les méthodes abominables de torture pratiquées dans cette prison, le moudjahid Brahim cite la gégène, qui consiste à électrocuter les parties les plus sensibles du corps, l’asphyxie en plongeant la tête du détenu dans de l’eau ou encore celle durant laquelle les détenus sont forcés de casser des pierres puis de ramper par dessus.

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