CULTURE

Forum virtuel du TNA : La critique théâtrale en débat

Intervenant dans le cadre du Forum virtuel du Théâtre national algérien, Mahieddine Bachtrazi, (TNA), Abderrahmane Benzidane, professeur et chercheur marocain en théâtre, a abordé la critique théâtrale. Il souligne, à ce sujet, que de nombreuses questions sur les connaissances attribuées à l’acte de lecture et aux approches critiques sont liés aux programmes fournissant au critique les outils de lecture, de compréhension et d’interprétation du produit théâtral, du texte et de la présentation. D’amblé, Zidane, affirme qu’il n’existe pas de méthode préétablie. Il explique que la nature structurelle du théâtre diffère des autres genres littéraires que sont notamment le roman, la nouvelle, l’essai… Il est pris comme littérature lorsqu’il est présenté sous forme de texte littéraire lisible, et sous forme de spectacle lorsque les différents outils artistiques interviennent. Ainsi, il est aisé de dire que plusieurs méthodes d’études ont accompagné le travail littéraire et artistique, et ont œuvré pour rapprocher leurs composants et comprendre leurs interaction. L’universitaire a, ensuite, soulevé un nombre de questionnements dont la capacité de l’expérience théâtrale maghrébine à motiver les critiques et les chercheurs à changer les niveaux de réception de l’expérience théâtrale avec toutes ses composantes linguistiques, savantes et artistiques. Il s’interroge sur la possibilité de parler d’une approche critique distinct avec une méthodologie claire qui s’inspire d’une lecture aussi claire pour une meilleure connaissance du théâtre maghrébin en particulier et le théâtre arabe en général. Concernant la production d’outils de lecture pour les universitaires, l’auteur du «Le Silence éloquent» soutient que les théories littéraires, des arts, de la philosophie et de la pensée ont une dimension mondiale, mais leur application sans les ruminer est ce qui leur donne leur caractéristique scientifique. Il ajoute que si nous nous référons aux méthodes qui ont été tentées dans des approches critiques, nous trouverons que les niveaux de compréhension du phénomène théâtral arabe sont fait soit par l’approche sociologique, structurelle ou structuraliste, soit par l’anthropologie, soit par la poésie qui ont accompagné le développement de nouvelles critiques scientifiques. De son côté, Habib Boukhelifa, dramaturge a évoqué l’expérience de la critique algérienne dans ce domaine et l’a limité à la couverture médiatique qui se limite à l’éloge ou la critique et qui décortique le texte et le spectacle comme un tout, ce qui a contribué à créer des critères qui oscillent entre le plagiat et reproduction, d’une part, et la créativité d’autre part sans contribuer à définir les concepts de la pratique artistique théâtrale. Boukhelifa pose ici le problème de la formation universitaire, qui a grandement contribué à aplatir le processus de critique, qui est censé définir ce qui est opportuniste et ce qui est sérieux et utile pour le développement de l’acte théâtral et a déclaré que le sujet est très large et que nous devons profiter de la réalité pour le changer et faire de la représentation théâtrale lui même le point de départ d’une approche critique sérieuse. Abderrahmane Benzidane relève que les questions soulevées par Habib Boukhelifa se généralisent à tous les domaines culturels et intellectuels arabes et sont au cœur d’un débat qui cherche à connaître de nouvelles créativités qui tendent à établir une vision alternative, une culture alternative et un langage alternatif moderniste pour sortir de cette impasse de la paresse intellectuelle combattant la pensée alternative.

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