MONDE ARABE

Egypte : Le virus sert à la répression, les graves accusations contre pouvoir

Lina Attalah a été une nouvelle fois été arrêtée, cette fois devant la sinistre prison de Tora, au sud du Caire. Âgée de 37 ans, rédactrice en chef de Mada Masr, un des rares sites web d’information indépendants, elle venait de s’entretenir avec la mère d’Alaa Abdel Fattah, héros de la révolution populaire de 2011 devenu bête noire du régime Sissi, depuis le coup d’État militaire de 2013. La maman venait visiter son fils réincarcéré depuis huit mois.

Double ligne rouge pour le régime

Lina Attalah avait franchi une double ligne rouge : donner la parole aux opposants et s’intéresser aux dramatiques conditions de détention des quelque 60 000 prisonniers politiques confrontés à une explosion du Covid-19. Effets des protestations, notamment dans la diaspora égyptienne aux États-Unis ? Lina Attalah a finalement été relâchée sous caution dans la nuit de dimanche à lundi.

Frasques d’un des fils Sissi

Ce n’est pas la première fois que le site Mada Masr, dont l’accès au site web est bloqué en Égypte, est visé. En novembre, les services de sécurité avaient pris d’assaut les locaux et embarqué vingt journalistes. Juste avant, un article sur les frasques d’un des fils Sissi avait été publié…

Ces dernières semaines, Mada Masr s’est fait remarquer pour ses reportages sur la propagation du coronavirus et l’abandon du personnel hospitalier par les autorités. Autant de « fausses nouvelles », pour le régime. La pandémie de Covid-19, qui détourne encore davantage l’attention des alliés occidentaux du président Sissi, États-Unis et France en tête, a renforcé le harcèlement des journalistes « dissidents ». Une semaine avant Lina Attalah, Haisam Hasan Mahgoub, du quotidien al-Masri al-Yom, est parti en prison où il croupit toujours. Pour « diffusion de fausses nouvelles »…

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