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Les hôpitaux sont mobilisés contre le coronavirus : Les malades chroniques dans l’expectative

Ils sont cardiaques, diabétiques, hypertendus etc.…, les malades chroniques sont livrés à eux-mêmes. Ils peuvent pourtant renouveler leurs traitements auprès des pharmaciens.
Les malades chroniques rencontrent de grandes difficultés pour renouveler leurs ordonnances trimestrielles. La caisse nationale des assurés sociaux (CNAS) ne remboursent en effet que les ordonnances portant sur un traitement d’une durée de trois mois. Les patients se sont habitués avec les règles établies. « Cette loi a permis aux algériens atteints de pathologie chroniques de pouvoir se soigner sans dépenser d’argent. Dans certains cas, les malades payent une partie de la facture des médicaments. Des patients atteints de pathologies graves comme la maladie de Crohn, ne sont remboursées qu’à 80%., Par ailleurs, des patients remboursés à 100% payent de leur poche pour couvrir la période de trois mois, car certains emballages ne permettent pas de couvrir le traitement au jour ou à la semaine prés », dit un diabétique qui achètent tous les trois mois une ou deux boites de médicaments de ses propres deniers.
Depuis l’entrée en vigueur du confinement total ou partiel, des patients rencontrent des difficultés pour renouveler leurs ordonnances. De nombreux praticiens installés dans le privé ont fermé leurs cabinets. « Je préfère rester chez moi au lieu de transformer mon cabinet en lieu de contamination. Les consultants ne sont pas toujours disciplinés et ne respectent pas les consignes d’hygiène. Pour ma sécurité et celles de mes patients, j’ai opté pour la fermeture », dit un ophtalmologue d’Alger centre. Pratiquement tous les hôpitaux situés dans les wilayas où le confinement renforcé est instauré, sont mobilisé pour prendre en charge les personnes atteintes du coronavirus. D’ailleurs les responsables des établissements de santé publique sont invités à reporter toutes les consultations et interventions chirurgicales non urgentes. Les malades qui veulent voir leurs médecins traitant sont priés de revenir à la fin de l’épidémie. Le Ministère de la santé et la CNAS ont chargé les pharmaciens de renouveler les dernières ordonnances des patients pour une période d’un mois. « Nous comprenons la situation des malades. Des instructions ont été données aux pharmaciens pour renouveler les ordonnances des malades », révèle un médecin de la cellule d’écoute du Ministère de la santé que nous avons sollicitée par téléphone.
Sur le terrain, la réalité est toute autre. Des malades sont dans l’expectative. En effet, pour certains traitements, les patients doivent faire des analyses avant la prescription. C’est le cas des porteurs de valves cardiaques artificielles. « Je prends régulièrement le Sintrom pour fluidifier mon sang. C’est important de faire des analyses fréquemment », dit un cardiaque de Saoula. L’analyse du taux de prothrombine est souvent utilisée pour suivre un traitement anticoagulant. Alors que les laboratoires des hôpitaux sont mobilisés contre le coronavirus, et ceux du secteur privé souvent fermés, les cardiaques rencontrent des difficultés pour se soigner correctement. « Je viens de renouveler mon ordonnance auprès de mon pharmacien. Je vais continuer à respecter la posologie précédente, en attendant de faire les analyses », dit une malade opérée à cœur ouvert voila 8 ans. Le problème de posologie ne se pose pas pour les diabétiques, ca ils disposent d’appareil de mesures de glycémie. « Selon les résultats de ma glycémie, je sais adopter ma posologie d’insuline », dit cette fois un diabétique retraité de l’enseignement.
Si les consultations ne sont pas assurées dans les hôpitaux, les urgences sont prises en charge. C’est ainsi que les maternités restent ouvertes aux parturientes. « Les femmes accouchent normalement. Notre service est aseptisé plusieurs fois par jour pour protéger les mamans et leurs bébés. On ne peut pas reporter les accouchements qui sont des urgences absolues », dit une sage-femme à l’hôpital Mustapha. Les services des urgences continuent à recevoir les cas graves. « Je vais en salle d’opération pour opérer un jeune qui a fait un accident de moto », dit un chirurgien au service de traumatologie à l’hôpital Mustapha.
Le Centre Pierre et Marie Curie (CPMC) continue à assurer les soins pour les personnes atteintes du cancer. Cet établissement hospitalier public spécialisé est autonome et n’a pas été mobilisé pour la lutte contre le coronavirus. « Nous ne pouvons pas reporter plus de 15 jours les traitements destinés aux malades. Nous continuons à travailler normalement », dit Kamal Bouzid Chef de service oncologie médicale au CPMC. Les responsables de cet hôpital dotent tous les malades du masque protecteur. « Les personnes atteintes du cancer peuvent perdre leur immunité à cause des traitement de chimiothérapie. Il y a des médicaments pour remonter leurs défenses corporelles. Mais par mesure de protection, nous leur livrons des masques », dit une infirmière de l’hôpital.
Des médecins reconnaissent un dysfonctionnement avéré dans les hôpitaux. « Nous ne pouvons pas prendre en charge les malades chroniques actuellement. Nous sommes mobilisés pour lutter contre le coronavirus. Ces malades oublient souvent que l’Etat à mis à leur dispositions des cliniques dans toutes les communes du pays. Des médecins y travaillent jour et nuit », dit un cardiologue à l’hôpital Mustapha. Il admet que les malades chroniques n’ont pas sur eux leur dossier médical : « Cette épidémie sera prise en compte ultérieurement pour adopter d’autres règles. Si chaque malade avait son dossier médical, n’importe quel médecin dans le privé ou les dispensaires saura comment adapter le traitement médical pour chaque cas ».
Saïd Ibrahim

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