SOCIÉTÉ

Dépistage du Covid-19 : Le scanner thoracique comme alternative

Le ministre de la Santé, de la Population et de la Réforme hospitalière, Abderrahmane Benbouzid a donné à Alger son accord aux spécialistes pour l’utilisation du scanner thoracique comme alternative pour le dépistage du Covid-19 afin que le traitement à la chloroquine puisse être administré rapidement et éviter ainsi la détérioration de l’état du patient et la propagation de l’épidémie.
Le ministre a précisé, devant les membres de la cellule de crise installée par l’Etablissement hôspitalo-universitaire (EHU) Mustapha-Pacha, que si beaucoup de patients arrivent aux services hospitaliers avec l’augmentation attendue du nombre de cas dans les prochains jours, « il convient de recourir au scanner thoracique pour le diagnostic des atteintes pulmonaires dues au nouveau coronavirus afin que le traitement à la chloroquine puisse être administré rapidement aux patients avant la détérioration de leur état et la propagation de l’épidémie ».
Certaines cliniques privées d’imagerie médicale « se tiennent prêtes à offrir leurs services si les hôpitaux sont submergés », a dit M. Benbouzid.
Selon le chef du service d’imagerie à l’EHU Mustapha-Pacha, Pr Chafaa Aimeur, « le scanner peut se faire en quelques secondes et être interprété en quelques minutes ce qui permet d’administrer le traitement rapidement et de placer le patient sous surveillance médicale directement au lieu d’attendre 24 heures pour obtenir les résultats du dépistage par PCR ».
De son côté, le directeur des activités médicales et paramédicales à l’EHU Mustapha-Pacha, Pr. Mohamed Belhadj, est revenu sur les mesures préventives et les précautions prises par l’établissement, notamment l’installation d’une cellule de crise et l’organisation de l’orientation des patients entre les services mobilisés, précisant que l’hôpital recevait entre 10 et 15 cas par jour.
L’hôpital dispose d’une capacité de 150 lits pouvant être élargie, selon les besoins, aux services de médecine interne, de pneumologie et des maladies infectieuses, a-t-il fait savoir.
Pour sa part, Pr Samia Taghit, chef de service de pneumologie a insisté sur « l’impératif de protéger les personnels de la santé publique qui veillent, jour et nuit, à la prise en charge des malades ».
Pour Pr Noureddine Smail, chef de service épidémiologie « il est impératif de communiquer les chiffres réels sur les cas atteints et les décès, en dépit du fait qu’il est impossible de s’assurer que certains cas de décès étaient porteurs du virus que si les proches de la personne décédée à l’hôpital avant d’avoir effectué les analyses, qu’elle souffrait d’une très forte fièvre et d’autres symptômes, ce qui permet de porter le cas sur la liste des personnes atteintes ».
Le directeur de l’Etablissement, Abdessalem Benana a assuré, quant à lui, de « la disponibilité d’un stock suffisant de tests de dépistage du coronavirus, ce qui allégera la pression sur l’institut Pasteur et permettra de prendre en charge les personnels de la santé au niveau de l’Etablissement ».
« Si la situation vient à s’aggraver, il sera fait appel à certaines cliniques privées pour l’hospitalisation des cas complexes, notamment celles disposant de respirateurs artificiels », avait déclaré le ministre de la Santé.


Les cas dépistés positifs et les sujets contacts hébergés dans des hôtels

Le ministre de la Santé, de la Population et de la Réforme hospitalière, Abderrahmane Benbouzid, a affirmé, dimanche à Alger, que les cas dépistés positifs au Covid-19, sans signes de gravité, et les sujets ayant été en contact étroit avec ces derniers seront hébergés dans des hôtels, lorsque les hôpitaux ne seraient plus en mesure de prendre en charge tous les cas infectés.
Le ministre qui intervenait lors d’une rencontre avec les membres de la cellule de crise du CHU Mustafa Pacha, a affirmé que les cas dépistés positifs au Covid-19, sans signes de gravité, ainsi que les personnes ayant été en contact étroit avec ces derniers, seront hébergés dans des hôtels,
lorsque les hôpitaux ne seraient plus en mesure de prendre en charge tous les cas infectés, et ce à travers tout le territoire national, qualifiant cette démarche de « solution idoine pour endiguer la propagation du virus ».
Pour M. Benbouzid, l’hébergement de ces cas « permet de mieux les contrôler et de s’assurer qu’ils ne contamineront personne », vu le contrôle strict auquel ils sont soumis dans ces structures, soulignant que le « nombre de personnes infectées sera revu à la hausse à travers différentes wilayas dans les prochains jours ».
Tris cellules installées par le ministère travaillent d’arrache-pied 24h/ 24 et collectent les données en temps réel de toutes les régions du pays, a-t-il ajouté soulignant que cette méthode numérique avait beaucoup aidé le ministère dans sa gestion de la crise.
Concernant le protocole thérapeutique à base de Chloroquine associée à certains antibiotiques, le ministre a indiqué qu’il avait jusqu’à présent prouvé son efficacité, appelant le corps médical à le généraliser aux personnes ayant été en contact étroit avec des cas suspects ou avérés, tout en restant vigilants sur les effets secondaires pour certains cas.
Cette pandémie mondiale «a mis à nu les défaillances du secteur », a souligné Pr. Benbouzid, s’engageant à revoir le système de santé et à y opérer une réforme « profonde » à l’avenir.
S’agissant de la gestion des Urgences médicales à travers tout le territoire national, le premier responsable du secteur a déploré une mauvaise gestion des transferts de patients entre établissements sanitaires, notant qu’il est « inadmissible » d’opter pour un transfert au moment où très peu de lits sont occupés. Il a déploré également le comportement de certains membres du corps médical, ajoutant que les exemples en la matière dénotent un «désastre» dans certains établissements de santé.

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