ECONOMIE

L’Après pandémie : Les leçons chinoises pour l’économie mondiale

Alors que l’Europe et les Etats-Unis sont largement en confinement, la Chine a déjà commencé sa reprise économique. Quels enseignements peuvent en retirer les pays occidentaux? Sortiront-ils de la crise plus forts ou plus dépendants de la Chine?
Après plusieurs semaines de confinement en Europe, les regards sont plus que jamais braqués sur la Chine. Autant pour observer l’évolution de l’épidémie que pour essayer de comprendre la dynamique économique d’un pays en phase de sortie de crise. Le futur des économies occidentales est peut-être en train de s’écrire en Chine, épicentre de l’épidémie, où les mesures de confinement sont progressivement levées et où l’appareil productif a été remis en marche. Quels enseignements en tirer pour l’Europe et les Etats-Unis? Quelle sera la place de la Chine dans l’économie mondiale post-Covid-19?
La croissance est repartie en Chine. Pas à un rythme débridé mais l’activité devrait avoir retrouvé le chemin de l’expansion, à en croire le dernier sondage des directeurs d’achats, publié mercredi, qui indiquait une valeur de 50,1. Soit juste au-dessus de la marque de 50, qui sépare contraction et croissance. Cela signifie que l’économie chinoise s’est stabilisée en fin de premier trimestre et que la croissance devrait revenir au cours du deuxième, selon une étude de Julius Baer publiée vendredi.
En plus des chiffres officiels, Dan Scott observe également des données alternatives, comme «la pollution ou les transports, qui sont tous deux repartis à la hausse», souligne le chef économiste adjoint de Vontobel. «Le taux d’utilisation des capacités se situe actuellement entre 65% et 70%, ce qui n’est pas si éloigné des 80% enregistrés en temps normal, synonymes de pleine capacité», poursuit l’économiste. Il s’attend à une croissance de 2% cette année en Chine, alors que le consensus table sur 5,3%. Le PIB chinois avait progressé de 6,8% en 2017 et 6,6% en 2018.
Deuxième(s) vague(s)
Si les prévisions des spécialistes divergent autant, c’est qu’il reste «très difficile de prévoir ce que sera la croissance du PIB chinois pour les deux premiers trimestres», relève David Chao, stratégiste chez Invesco, lors d’un webinaire organisé jeudi. L’incertitude reste élevée sur le rythme de la reprise économique chinoise car elle pourrait se heurter à une deuxième vague.
Ou plutôt à deux deuxièmes vagues: celle de l’absence de demande de la part des pays occidentaux, largement confinés; et «celle de nouvelles infections en Chine dues à des étrangers ou des Chinois rentrant de l’étranger. Ou aux porteurs sains du virus, qui ne présentent aucun symptôme et qui sont dorénavant inclus dans les statistiques chinoises. Il faudra donc une réponse coordonnée au niveau mondial», estime David Chao.
Pour ce spécialiste de l’Asie-Pacifique, la crise du Covid-19 a provoqué trois changements structurels en Chine: «La population croit davantage au système politique, qui a montré qu’il pouvait réagir de manière agressive et efficace; le progrès technologique a été accéléré par les investissements publics dans la 5G ou l’intelligence artificielle; enfin, l’économie a évolué vers un modèle en ligne, en particulier pour la consommation.»

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