MONDE ARABE

Égypte : La mort de deux généraux fait craindre des contaminations au plus haut niveau

L’Égypte a officialisé la mort, à cause du Covid-19, de deux généraux, proches du maréchal-président Abdel Fattah al-Sissi. Associée à la disparition des médias pendant plus de dix jours du Président, la nouvelle fait craindre une contamination élevée dans les rangs de l’armée, alors que les autorités sont soupçonnées de minimiser l’ampleur de l’épidémie.

En Égypte, encore davantage depuis le coup d’État militaire de 2013, l’armée joue un rôle majeur dans l’économie du pays. De hauts gradés sont à la tête d’entreprises publiques dans les secteurs les plus variés.
Depuis dix jours, des rumeurs de contamination de militaires de l’Autorité du génie des forces armées circulaient sur les réseaux sociaux et sur des sites Internet d’opposition. Elles sont donc en partie confirmées.
Un troisième général malade ?
Un troisième officier de haut rang, Mahmoud Shahin, qui a récemment rencontré les deux officiers décédés, aurait aussi été testé positif au Covid-19, sans que cela ne soit confirmé officiellement.
L’annonce des décès des deux généraux intervient juste après la première prise de parole au sujet du coronavirus d’Abdel Fattah al-Sissi. Commandant suprême des forces armées, le maréchal-président est apparu samedi à la télévision nationale pour défendre les efforts de son gouvernement pour lutter contre le virus. Il a annoncé 100 milliards de livres (six milliards d’euros) pour financer un plan de crise
Surtout, il a assuré que son gouvernement avait traité la pandémie avec « une totale transparence ». Il a dénoncé les menteurs qui affirment que le taux réel d’infection en Égypte est bien plus élevé que ne le disent les chiffres officiels.
Officiellement, l’Égypte compte 366 cas de coronavirus et 19 décès. Ces chiffres font tiquer les épidémiologistes quand on connaît la réalité d’un pays de 100 millions d’habitants concentrés sur une surface grande comme l’Irlande et où un tiers des habitants vit sous le seuil de pauvreté avec moins de 1,50 € par jour. La situation des quelque 100 000 détenus du pays, dont 60 000 pour des raisons politiques, entassés dans des centres de détention surpeuplés, fait aussi craindre une catastrophe sanitaire.

Le Président invisible pendant près de dix jours

La « transparence » revendiquée par le président questionne. Le dirigeant égyptien, d’habitude omniprésent dans les médias gouvernementaux, avait disparu de la scène publique pendant près de dix jours avant de réapparaître samedi 21 mars à la télévision. A-t-il observé une quarantaine à la suite d’une suspicion d’infection au Covid-19 ? Abdel Fattah al-Sissi rencontrait régulièrement les deux généraux décédés.

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