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Irak : Le secteur énergétique russe prêt à investir 20 milliards de dollars

La Russie s’intéresse de près au secteur irakien des hydrocarbures. Les entreprises pétrolières et gazières russes y ont déjà investi 10 milliards de dollars et seraient prêtes à y investir 20 milliards supplémentaires. Les grandes entreprises du secteur énergétique russe pourraient dépenser jusqu’à 20 milliards de dollars pour des projets pétroliers en Irak, selon les propos rapportés par les médias russes de Iouri Fiodorov, vice-président du Comité de politique économique au Conseil de la Fédération de Russie.

«Aujourd’hui, nos principales sociétés pétrolières et gazières telles que Lukoil, Bashneft, Gazprom Neft travaillent activement dans votre pays. L’investissement total a dépassé 10 milliards de dollars», a-t-il précisé en s’adressant à l’ambassadeur d’Irak en Russie, Abdul-Rahman Al-Husseini, le 5 février à Moscou lors d’une conférence de presse. Lukoil exploite depuis 2014 la seconde tranche du gisement de Qurma, dans la région de Bassorah, non loin de la frontière iranienne, et à côté d’Exxon Mobil qui exploite la première tranche. Gazprom Neft, filiale de Gazprom, exploite plusieurs gisements et mène des campagnes d’explorations de gaz au Kurdistan irakien. Quant à Bashneft, société basée en République russe du Tatarstan, elle exploite deux gisements au sud de Bagdad, notamment à Nadjaf.

Lukoil, Rosneft, Bashneft et Gazprom Neft déjà bien implantés

En outre, Rosneft détient 60% du gazoduc du Kurdistan, qui est la principale ligne d’exportation opérationnelle de l’Iraq. Et au printemps 2018, Rosneft a également annoncé la signature d’un accord avec le ministère des Richesses naturelles d’Irak pour développer son infrastructure pétrolière et gazière, dont un nouveau gazoduc qui devrait avoir une capacité d’exportation pouvant atteindre 30 milliards de mètres cubes de gaz par an. A Moscou, lors de sa rencontre avec l’ambassadeur d’Irak, le représentant de la chambre haute du Parlement russe a précisé que d’autres sociétés, telles que Zarubezhneft, Tatneft et Rosneftegaz seraient également intéressées par l’Irak. «Nous étudions la possibilité de diversifier les activités des opérateurs russes, notamment en les connectant au secteur gazier. Selon les prévisions préliminaires, cela pourrait tripler l’investissement de nos entreprises», a ajouté Iouri Fiodorov. En 2019, la Russie et l’Irak ont repris leur coopération dans les infrastructures énergétiques, et dans le secteur de l’électricité en particulier. Certaines entreprises russes pourraient aider Bagdad dans la restauration et le développement des installations électriques. Des négociations sont également en cours pour la construction de centrales thermiques avec l’aide de sociétés russes. En octobre, en dépit de la période de manifestations violentes, Sergueï Lavrov s’était rendu à Bagda et à Erbil, dans le cadre d’une visite spéciale où il était accompagné de représentants des plus importantes compagnies énergétiques russes. Les réserves prouvées de pétrole de l’Iraq s’élèvent à plus de 145 milliards de barils, tandis que les réserves de gaz dépassent 3 700 milliards de mètres cubes.

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