CULTURE

Artisanat : Les artisanes d’Alger unanimes quant à la nécessité d’organiser le marché de l’Artisanat

Intervenant en marge de l’exposition «Rencontre des cultures pour célébrer le jour de l’an amazigh», organisée au Palais des expositions (Pins maritimes), la présidente de l’association «Défi de la femme au foyer», Mme Kouider Chahira, a mis en avant «le besoin» des femmes au foyer activant dans les différents domaines de l’artisanat de «gagner en confiance, en apprenant les nouvelles techniques de commercialisation via le net, et l’aménagement d’un marché national pour écouler leurs produits».
La concurrence déloyale imposée par certains commerçants étrangers activant en Algérie, lesquels proposent à la vente des produits locaux contrefaits, nous impose de réfléchir à des moyens efficients pour «la revalorisation de la production locale», a-t-elle soutenu, préconisant d’organiser le marché et de le renforcer par l’aménagement d’espaces d’exposition.
«La femme productive au foyer a besoin d’un marché pour vendre ses produits et augmenter ses revenus mensuels», a souligné Mme Kouider, ce qui lui permettra par la suite de «contracter un crédit ou de s’inscrire à la chambre de l’artisanat en contrepartie d’un montant de 58.000 da/an». Une nouvelle initiative de financement a été lancée depuis une année, «Mawelni» (finance-moi), consistant à recourir à des cotisations pour permettre aux membres de l’association de financer leurs projets producteurs, sans avoir à recourir à l’endettement.
Mme Kouider Chahira a exprimé, en outre, «les grands espoirs» fondés sur la femme productive dans «la nouvelle politique du gouvernement, en vue de soutenir cette catégorie et l’aider à monter sa propre Petite et moyenne entreprise (PME)». Houria Slimani (57 ans), une artisane de Mohammadia (Est d’Alger) qui exerce dans la broderie électronique depuis près de vingt ans, a affirmé ne pas être en mesure de développer son activité, car ne pouvant pas acquérir une machine à coudre plus grande que celle en sa possession.
En dépit de l’engouement des clientes sur ses produits et sa capacité à assurer les commandes particulièrement pendant la saison des mariages, Mme Slimani n’a pas été en mesure de développer son métier, une situation qu’elle impute à «l’absence de l’orientation et du manque d’informations concernant les mesures à prendre pour lancer une micro-entreprise». S’interrogeant sur «l’intérêt de participer à des expositions face à l’absence d’une véritable politique de prise en charge des artisans», Mme Slimani a déploré le fait que les entreprises chargées de l’artisanat «ne sont pas visibles» pour beaucoup de femmes productrices. A son tour, Mme Grine Zahra, artisan bijoutier (argent), s’est heurtée à «la difficulté de s’approvisionner en matière première», une situation qui l’oblige à «recourir au marché noir» pour poursuivre son activité.
Cette artisane a trouvé avec d’autres collègues à elle «un moyen pour exposer leurs produits en louant la vitrine d’un local commercial à Dely Brahim», une solution, a-t-elle dit, «pour faire connaître son produit authentique dans l’attente que la Chambre de l’artisanat et des métiers de la wilaya d’Alger assure un siège qui réunira les artisans créateurs».
Des artisans de différentes wilayas ont participé deux jours durant (11 et 12 janvier) à l’exposition «Rencontre des cultures pour célébrer le jour de l’an amazigh», organisée par l’association «Défi de la femme au foyer» et l’APW d’Alger.

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