MONDE ARABE

Internalisation du conflit libyen : L’Algérie sécurise ses frontières

L’Algérie continue de privilégier la solution diplomatique pour la résolution de tous les conflits.
Le conflit fratricide en Libye risque d’évoluer vers une grave crise et même une guerre par procuration que se livreront des soldats et des miliciens agissant pour le compte de puissances étrangères. Tous les ingrédients sont réunis pour faire de la guerre civile, un conflit armé international. Au début du mois de novembre dernier, le maréchal Khalifa Haftar, un homme à la solde de l’OTAN a lancé une vaste opération militaire contre ses frères ennemis du Gouvernement de l’Union Nationale basé à Tripoli. Les troupes du Maréchal sont aux portes de la Capitale Libyenne. Elles lancent même des attaques contre les sièges de l’administration du gouvernement d’union nationale. Les représentants du dit Gouvernement accusent l’homme de l’OTAN d’avoir recruté des milliers de miliciens africains et russes.
Les sponsors du gouvernement d’Union Nationale sont entrés en lice pour dénoncer l’arrivée de miliciens étrangers pour venues r les forces ennemies de leurs protégés. Le Président Turc Tayyip Recep Erdoghan a été parmi les premiers à monté au créneau pour dénoncer ce qu’il a qualifié : « d’ingérence étrangère insupportable ». Alors que la Turquie est déjà empêtrée dans le conflit Syrien, Le Président Erdoghan a décidé cette fois-aussi d’envoyer ses troupes défendre la légalité. Pour donner un caractère légal à cette intervention, il a fait voter un amendement par le parlement turc. C’est ainsi qu’une motion autorisant l’envoi de troupes turques en Libye pour aider le gouvernement d’union nationale (GNA) de Fayez El-Sarraj a été adoptée par l’Assemblée nationale de Turquie le 2 janvier 2020. Les membres du Parti de la justice et du développement (AKP) de Recep Tayyip Erdogan, ainsi que du Parti d’action nationaliste (MHP), ont soutenu ce projet de loi soumis au parlement le 30 décembre. Cette motion autorise ainsi, le Président turc à apporter son soutien à El Sarraj qui avait officiellement demandé le 26 décembre 2019 l’aide militaire «aérienne, terrestre et maritime» d’Ankara pour faire face à l’avancée de l’Armée nationale libyenne (ANL) du maréchal Khalifa Haftar.
Sitôt l’amendement adopté, le Président Turc s’est retrouvé devant un grand dilemme. En effet, cette décision a été accueillie par plusieurs condamnations émanant de responsables politiques dans différents pays du monde. L’Opposition turque est montée au créneau pour dénoncer la politique d’Erdogan qui : « est entrain d’entrainer le pays dans des conflits étrangers ». En plus des oppositions politiques, l’armée turque fera face à de grandes difficultés logistiques. En effet transporter des milliers d’hommes à des milliers de kilomètres n’est pas une simple affaire. La Grèce et Chypre ont opposé leur véto contre tout passage de bateaux de guerre turcs dans leurs eaux territoriales. Pour contourner ce véritable embargo maritime, le Président turc a tenté de trouver une parade. C’est ce qui explique sa visite surprise à Tunis où il a rencontré le président tunisien Kaïs Saïed. Les pourparlers qui ont eu lieu le 25 décembre derniers ont porté essentiellement sur la situation en Libye, un pays limitrophe de la Tunisie. « Nous avons discuté des moyens de coopérer pour parvenir à un cessez-le-feu en Libye dans le cadre de la relance du processus politique », a déclaré le président Tunisien à l’issue de la rencontre. « L’impact des développements négatifs en Libye ne se limite pas à ce pays, mais touche aussi les pays voisins, en tête desquels la Tunisie », explique pour sa part Erdoghan.
Malgré son insistance, le président turc n’a pu convaincre son homologue tunisien de participer à une coalition internationale qui sera composée de la Turquie, le Qatar, la Tunisie et l’Algérie pour intervenir en Libye. La Tunisie continue à privilégier des solutions négociées entre les antagonistes libyens. Quant à l’Algérie, la réponse est connue d’avance : la constitution interdit à l’ANP d’intervenir à l’étranger. En réalité, Erdoghan voudrait utiliser la Tunisie et l’Algérie comme bases pour ses troupes. « Comme, il ne peut transporter ses militaires par voie maritime, il voulait trouver une base pour ses troupes transportées par voie aérienne. Aucune armée au monde ne peut réaliser un pont aérien dans u n pays en guerre sans y être bien installé depuis longtemps. L’armée turque ne peut ainsi utiliser les aéroports libyen, car les avions sont vulnérables en phase d’atterrissage », dit un officier algérien à la retraite
L’Interventionnisme turc n’a pas été du goût des américains. Le président Donald Trump a opposé son opposition bien avant le vote du Parlement Turc. « Le Président des États-Unis a tenu aujourd’hui une conversation téléphonique avec le chef d’État turc. Les deux dirigeants ont discuté des questions bilatérales et régionales. Le Président Trump a souligné qu’une ingérence étrangère compliquerait la situation en Libye » ; a révélé un communiqué de la Maison blanche le 21 décembre dernier. Le Président américain menace d’envoyer des soldats américains en Libye si des puissances étrangères tentaient de s’y installer.
Alors que des puissances étrangères tentent de tirer des dividendes de la situation en Libye, l’Algérien s’en tient à défendre ses frontières. Selon des sources sures, l’ANP a entreprit depuis longtemps dé sécuriser toutes les frontières du pays.
Saïd Ibrahim

Leave a Reply