CULTURE

Comptoirs phéniciens : L’Afrique du nord, un foyer de civilisations millénaires

Les Phéniciens, ce peuple commerçant, dont l’origine se situerait dans l’actuel Liban, avaient besoin d’étendre leur réseau commercial dans le bassin méditerranéen et pousser leur flotte vers l’ouest. Dès 1250 avant notre ère, ils entamèrent des contacts avec les populations de l’Afrique du nord, en vue de s’y établir. Mais, c’est à partir de la fuite de la princesse Elissa au Maghreb oriental (actuelle Tunisie), que tout a basculé. Cette dernière, se disputant le pouvoir à Tyr, avec son frère, Pygmalion, a du s’enfuir, après l’assassinat de son mari, et fonde Carthage (en phénicien, nouvelle ville) en 814 avant JC, un Etat qui tentera d’asseoir son étendue jusqu’en Ibérie (actuelle Espagne).

On estime que leur «utilisation» de la Méditerranée aurait commencé au cours du deuxième millénaire avant J.C., pour culminer entre le huitième et le neuvième siècles avant J.C. Navigateurs émérites, ils ont pratiqué le cabotage (navigation le long des côtes) sur le pourtour méditerranéen. Mais les recherches ont montré qu’ils avaient passé le détroit de Gibraltar au moins à Mogador, sur la côte atlantique de l’actuel Maroc.
La fusion entre Phéniciens et population locale du Maghreb. La notion de « Nation » n’existait pas et encore moins une gouvernance par un Etat ou une territorialité définie en tant que frontières.
La première vague de contact avec les autres peuples fut l’arrivée des Phéniciens ( – 1100 JC ) puis des Carthaginois ( – 7e siècle JC ) installés en premier dans la célèbre et florissante Tunisie de l’époque.
Les autochtones berbères, tout en préservant leur mode tribal, la langue et les traditions ancestrales ont cependant su tirer profit au contact des premières civilisations phéniciennes et surtout carthaginoise.
La création du royaume Numide unifié par le roi berbère MASSINISSA en -204 JC (après la mort de son père GAIA) à Cirta (est algérien) et Maure (Ouest Algérien jusqu’à la Moulouya de l’actuel Maroc) en est l’illustration majeure.
Alors que les brassages étaient surtout d’ordre tribal entre berbères, en tous cas majoritairement de la même ethnie, l’arrivée des Phéniciens et des Carthaginois allait injecter un nouveau sang dans la composante ethnique des populations locales.
Ce brassage ethnique allait donner naissance à la dénomination des « Carthaginois ». Ces derniers, et afin de fructifier leur commerce, établirent des comptoirs commerciaux tous les 30 à 40 kilomètres, le long des côtes du Maghreb. En Algérie, ces derniers s’étalent d’El Kala, à l’extrême est, où des vestiges sont encore debout, en passant par Annaba, Skikda, Collo, Jijel, Bejaia, Dellys, Alger (anciennement Icosim), Tipasa, Cherchell, Tenes, Ghazaouet. Mais pas seulement, puisque des comptoirs phéniciens seront, ensuite établis à l’intérieur des terres, à l’image de celui de Tiddis, ou Sarim Batim près de Constantine (ancienne Cirta).
Au-delà du rôle commercial que ces comptoirs joueront des siècles durant, c’est le métissage culturel qui en découle, mais aussi les communications qui s’établissent, qui feront de ces monuments un puissant lien entre les populations et les civilisations qui se sont succédé sur la région, mais qui forgèrent également une nouvelle large communauté ethnique et culturelle.

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