ORAN

Les Oranais se préparent à fêter cette tradition berbère : Les étals de Yennayer font déjà le décor de la ville

M.AJ

A quelques jours de la célébration du nouvel an berbère, synonyme de la traditionnelle fête de « Yennayer », les commerçants Oranais sont déjà sur leur 31, pour préparer les festivités juteuses pour eux. « En-Nayer », fait partie de ces rendez-vous immanquables. Ce qui explique l’augmentation du nombre des étals de la vente des fruits secs, mélangés aux friandises qui font le décor de la ville d’Oran. Cette fête est en effet, une tradition berbère, où les ancêtres de la Kabylie célébraient le début de l’année Amazigh. Au fil des années cette tradition n’est pas devenue une spécialité kabyle, puisque cette fête est désormais célébrée chaque année par les algériens. Les Oranais n’ont pas dérogé à la règle, puisque En-Nayer s’est distingué comme une période rituelle pour les ménages. Les commerçants de leurs côtés saisissent cette opportunité pour faire le plein durant cette période en étalant la marchandise qui attire les clients dès le premier coup d’œil. Malheureusement pour certains citoyens, les prix sont cette année encore plus élevés que l’année dernière, les amandes, les pistaches, ainsi que les autres fruits secs sont proposées à des prix très élevés, chose qui empêche beaucoup de pères de familles à s’acquérir ces produits. Pour un commerçants à M’dina J’dida : « c’était prévisible que les prix d’En-Nayer cette année soient chers, même nous on achète la marchandise en gros à des prix exorbitants. Mais on propose quand même pour ceux qui ne peuvent pas acheter tous les sorts, un mélange qu’on vend à 300 et 500 DA le kilo, comme ça, tout le monde pourra fêter En-Nayer ». Le jour de cette fête d’En-Nayer est fixé pour le 12 janvier de chaque année, mais les Oranais achètent ces fruits secs dès que possible. Les ménagères quant à elles, préparent à l’occasion, du « Cherchem » un repas traditionnel qui se prépare à base de blé, poids-chiche et fève. Même s’il se prépare avant la lettre, En-Nayer, restera l’occasion pour les familles de passer un pure moment de nostalgie, et pour les commerçants de glaner le maximum d’argent. Historiquement parlant, Yannayer est un terme nord-africain, désignant le premier mois de l’année calculée, selon le décompte solaire dit julien. Quant à l’orthographe ‘’yennayer ou ennayer’’, ce terme est attesté aussi bien parmi les divers parlers amazighs, qu’en arabe vernaculaire nord-africain, dans les régions du tell, comme dans les zones désertiques sahariennes. Cette unité remarquable d’un bout à l’autre de l’Afrique du Nord pousse à s’interroger sur les origines de la présence de ce vocable dans la région. Yannayer étant le premier mois du calendrier julien, sa présence en Afrique du Nord est nécessairement liée à celle de ce dernier. Afin de remonter aux origines de Yennayer. Le calendrier julien est le premier calendrier construit selon une méthode « scientifique » basée sur une observation fine de l’écliptique solaire. Il constitue la base de ce qui est aujourd’hui connu comme « calendrier universel » ou « calendrier grégorien ». De fait, il existe en Afrique du Nord des traces anciennes de la célébration pendant cette période de la fête du Nouvel An romain, appelée « calendes de Janvier ». Il s’avère donc que durant plusieurs siècles d’occupation romaine les fêtes d’Ianiarus, ancêtre de Yannayer, ont été célébrées en Afrique du Nord. Cependant, cela ne suffit pas pour présumer de la filiation directe de Yannayer avec l’Ianiarus romain. En effet, comme nous l’avons noté, Yannayer est connu dans toute l’Afrique du Nord, y compris dans l’extrême-sud du Sahara, chez les Touaregs (aujourd’hui Niger, Mali).

Leave a Reply