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Réunion du Haut-Conseil de sécurité : «Un message fort pour les ennemis de l’Algérie», estime le politologue Mohamed Taïbi


La réunion du Haut-Conseil de sécurité, présidée jeudi dernier par le président de la République, est une réponse à ceux qui veulent voir la Libye s’enliser encore plus dans la crise avec comme objectif que le conflit déborde des frontières. Interrogé sur le timing choisi et les objectifs de cette rencontre qui a réuni les commandements des services de sécurité, de l’état-major de l’ANP et d’autres ministres, le professeur en sciences politiques, Mohamed Taïbi, a indiqué que celle-ci vient après les développements enregistrés dans la crise libyenne.
«La réunion du Haut-Conseil de sécurité vient en réponse aux agissements de certaines parties qui accentuent la crise en Libye. A ce propos, des mesures sont à prendre pour renforcer les troupes de l’Armée nationale populaire aux frontières avec ce pays voisin avec qui nous partageons une frontière de plus de 1.000 km», a précisé Taïbi. Pour le politologue, cette réunion est aussi un avertissement à ceux qui projettent d’embourber l’Algérie dans la crise libyenne et d’exercer sur elle des pressions pour lui faire prendre parti pour l’un des belligérants».
Selon lui, la position de l’Algérie est claire par rapport à ce dossier. «Il ne peut y avoir de solution sans les Libyens. L’Algérie a appelé à un dialogue qui rassemble les antagonistes pour négocier un règlement pacifique de la crise. Il est à noter que plusieurs parties en Libye soutiennent cette thèse. Car il faut savoir qu’il n’y a pas seulement le maréchal à la retraite Khalifa Haftar et le président du Conseil présidentiel du gouvernement d’union nationale, Fayez Al Sarraj, comme parties prenantes au conflit. D’autres tribus sont également impliquées, en plus des chefs de guerre et autres mercenaires», a-t-il expliqué. Evoquant la visite du président turc mercredi dernier en Tunisie, Mohamed Taïbi relève que Tayeb Erdogan ne se préoccupe pas de la paix et encore moins de la vie des Libyens. «Le président turc a choisi la Tunisie pour sonder la position de ses voisins maghrébins.
En fait, la position de la Turquie est uniquement motivée par les richesses pétrolières et gazières de la Libye, et son objectif est de se tailler la part du lion dans les projets de reconstruction du pays pour sauver ainsi une économie turque en difficulté», a-t-il affirmé. Mais Erdogan n’a pas eu ce qu’il voulait de la Tunisie. «Notre voisin de l’Est a refusé toute prise de position avec l’une ou l’autre partie en conflit en Libye», a rappelé le politologue, observant que «la Tunisie a adopté une position similaire à celle de l’Algérie car sa sécurité est la nôtre sont indissociables».
Abordant le congrès international sur la Libye qui se prépare pour le mois de janvier 2020 à Berlin en l’absence de l’Algérie, il a indiqué que les pays voisins de la Libye sont ignorés dans les tractations. «Les organisateurs de la conférence savent très bien que si l’Algérie y participe, elle défendra bec et ongles les intérêts du peuple libyen et plaidera pour un dialogue inclusif et constructif entre les parties en conflit. Notre doctrine nous dicte notre politique étrangère, notamment vis-à-vis de nos voisins. Nous n’avons pas intérêt à voir une guerre totale à nos frontières», a soutenu l’expert. Par ailleurs, Taïbi a affirmé que la tenue de la réunion du Haut-Conseil de la sécurité est un signal du retour de l’Algérie sur la scène internationale.«C’est incontestablement un message à ceux qui ignorent la position de l’Algérie dans la région. Elle entre de plain-pied pour jouer son rôle de principal acteur dans le règlement pacifique de la crise libyenne», a-t-il soutenu. Comme c’est le cas pour le Mali et le Sahel en général. «Il ne peut y avoir de paix sans l’implication totale de l’Algérie, notamment dans la lutte contre le terrorisme, qui fait des victimes chaque jour dans cette région», a-t-il relevé.

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