ORAN

Gestion des déchets d’abattage : Les procédures réglementaires, toujours pas appliquées

Les déchets d’abattage générés par plus d’une trentaine d’abattoirs agréés dans la wilaya d’Oran continuent à être traités au niveau des centres d’enfouissement techniques (CET) alors que la réglementation en vigueur prévoit leur incinération en tant que déchets spéciaux.
L’inspectrice vétérinaire générale de la wilaya d’Oran, Nabila Bencheikh, est catégorique : aucun des huit abattoirs d’ovins et bovins et vingt-trois autres de volailles ne dispose d’un incinérateur, a-t-elle indiqué.
Ces abattoirs sont tous conventionnés avec les CET qui procèdent au traitement de leurs déchets. Toutefois, ces centres rencontrent des difficultés à gérer ces flux de déchets dont le traitement représente plusieurs inconvénients, notamment le coût de l’opération et l’émanation des odeurs.
La directrice du l’EPIC CET Oran, Dalila Chellal, précise que les trois CET de la wilaya, ceux de Hassi Bounif, El-Ançor et Arzew, reçoivent quotidiennement une moyenne de 90 tonnes de déchets d’abattage.
Toutefois, ces déchets ne sont pas enfouis de la même manière que les déchets ménagers.
« Il est nécessaires de les couvrir avec de la chaux, ce qui représente un coût supplémentaire », a souligné Mme Chellal ajoutant que malgré toutes les dispositions prises, des odeurs peuvent émaner après l’enfouissement de ce type de déchets, ce qui pourrait causer des désagréments aux populations riveraines.
Le montant versé par les abattoirs pour l’enfouissement de leurs déchets est de 1.000 DA la tonne, alors que le traitement par les CET reviendrait au minimum à 2.500 DA, a encore noté la même responsable.
De son côté, la directrice locale de l’environnement, Samira Dahou, rappelle que le plan de gestion de déchets spéciaux et déchets spéciaux dangereux dans la wilaya d’Oran, validé en 2017, stipule que les déchets d’abattage doivent être incinérés, pour éviter toute contamination.
Une réunion a récemment été tenue avec les différents acteurs dans ce domaine, pour proposer des solutions à cette situation, a affirmé la même responsable, ajoutant les abattoirs doivent, soit acquérir leurs propres incinérateurs, soit signer des conventions avec des opérateurs spécialisés, inexistants sur le terrain.
Dans ce sens, la directrice locale de l’environnement a indiqué que pas moins de cinq opérateurs ont déposé des demandes d’agrément pour se lancer dans cette nouvelle activité, estimant que ces futures entreprises spécialisées pourraient apporter une solution définitive à ce problème.
« La création de ces entreprises spécialisées devrait se faire durant l’année 2020 », a-t-elle ajouté.

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