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Palmier dattier dans le Grand Sud : Une richesse économique et environnementale

Dans le Sahara algérien, le palmier dattier ? sst le pilier des écosystèmes oasiens où il permet de limiter les dégâts d’ensablement, joue un rôle protecteur contre le rayonnement solaire intense pour les cultures sous-jacentes (arbres fruitiers, cultures maraîchères et céréales). Par sa présence dans ces zones désertiques, les diverses formes de vies animales et végétales, indispensables pour le maintien et la survie des populations, sont possibles.
Il a de plus un rôle socioéconomique majeur pour les populations de ces régions pour lesquelles il fournit d’une part un fruit, la datte dont les qualités alimentaires sont indéniables et qui constitue une source de revenus très appréciables pour plus de 100 000 familles du Sud algérien avec 9 % des exportations agricoles, d’autre part une multitude de sous produits (culinaire, artisanal et menuiserie…).
Cette ébauche de synthèse résume la situation de la culture du palmier dattier, ses contraintes et décrit brièvement les recherches menées par les équipes algériennes depuis la prise en charge des problèmes liés au développement de cette espèce.

L’Algérie est un pays phoenicicole classé au sixième rang mondial et au premier rang dans le Maghreb pour ses grandes étendues de culture avec 160 000 ha et plus de 2 millions de jardins et sa production annuelle moyenne de dattes de 500 000 tonnes.
Le palmier dattier en Algérie est établi en plusieurs oasis réparties sur le Sud du pays où le climat est chaud et sec (zone saharienne).
Sa culture s’étend depuis la frontière Marocaine à l’ouest jusqu’à la frontière tuniso-lybienne à l’est et depuis l’Atlas Saharien au nord jusqu’à Reggane (sud-ouest), Tamanrasset (centre) et Djanet (sud-est).
Près d’un millier de cultivars a été inventorié et les trois régions principales de culture se distinguent sur le plan de la diversité génétique (tabl. 1). A cette catégorie, il faut ajouter un grand nombre de pieds francs ou « Khalts » qui poussent au hasard dans les oasis et qui représentent une source appréciable pour de nouvelles sélections de cultivars appréciables pour leur datte et pour leur résistance au bayoud.
La distribution des cultivars principaux montre une répartition estouest très marquée. Une cinquantaine de cultivars se retrouvent dans deux ou trois régions mais la majorité des cultivars reste endémique à leur région ou à leur one d’origine.
A l’est, le cultivar Deglet Nour, dont les dattes sont destinées à l’exportation vers les pays du Nord, continue à prendre de l’ampleur et frôle aujourd’hui les 50 % de la population des palmiers dattiers plantés.

Des efforts pour lutter contre les menaces des maladies

Le palmier dattier étant un élément clé de l’écosystème oasien, en Algérie, cet écosystème est affecté par l’érosion génétique causée la maladie du bayoud (fusariose mortelle causée par un champignon, Fusarium oxysporum f. sp. albedinis) et par la généralisation du cultivar Deglet Nour pour augmenter les exportations (cultivar très sensible) ; la pression démographique liée à l’urbanisation : la population de la zone saharienne a quadruplé entre 1956 et 1999 (5 000 000) ; la désertification et l’ensablement de plus en plus importants ; la salinisation du sol et de l’eau due à une mauvaise prise en charge du drainage ; le vieillissement de beaucoup de palmeraies, près de 30 % des palmiers ont dépassé l’âge de production et affichent des rendements égaux ou inférieurs à 15 kg/arbre (1996).

A cet effet, les pouvoirs publics avec la concurrence de laboratoires de recherches tentent de lutter contre les maladies qui peuvent affecter les palmiers dattiers en Algérie, par la sensibilisation des phoeniculteurs et leur parvenir les moyens et les gestes adéquats pour lutter contre les maladies qui guettent la première richesse des oasis.

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