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L’anglais dans les universités algériennes : Indispensable pour le master et le doctorat.


Seuls les titulaires d’un diplôme universitaire et maitrisant l’anglais pourront concourir pour le master et le doctorat.

Le Ministère de l’Enseignement Supérieur et de la recherche Scientifique vient de prendre une grande décision. En effet désormais, les travaux de recherche pour le master et le doctorat devront désormais se faire en langue anglaise. Même pour passer aux étapes du master et du doctorat, il faut avoir un bon niveau en anglais. Les concours d’accès comporteront des épreuves en anglais.
De prime abord cela parait comme une excellente initiative. C’est vrai que la langue anglaise véhicule les sciences à la vitesse de la lumière. Le ministre de l’Enseignement supérieur et de la recherche scientifique, Tayeb Bouzid, a ainsi pris la ferme décision de donner à langue de Shakespeare la place qu’il faut en Algérie. Il s’agit surtout de mettre tous les atouts entre les mains des étudiants et des chercheurs algériens pour accéder à la science le plus rapidement possible. C’est dans ce sens qu’a été créé, un comité sectoriel spécialisé pour le renforcement de l’usage de la langue anglaise. Ce même comité a déjà a pris plusieurs mesures et a programmé diverses activités à court, moyen et long termes : elles devront contribuer au développement de l’enseignement et l’usage de la langue anglaise dans les universités et les centres de formation spécialisés.
Des scientifiques estiment que cette décision a tardé à voir le jour. Ils sont pressés en effet que l’anglais soit le véhicule des sciences comme dans la majorité des pays du monde. « Je suis médecins spécialisé en oncologie. Les grandes études et les découvertes sont publiées en premier lieu en anglais. Il faut attendre au moins un an pour pouvoir les lire en français. C’est autant de temps perdu pour les malades », dit un oncologue au centre Pierre et marie Curie d’Alger. Un étudiant en master de physique a dû se mettre à l’anglais pour finaliser son projet. « Le français ne véhicule plus les sciences comme par le passé. Nous devons nous mettre à l’anglais », dit-il.
Il y a aussi ceux qui voient en cette décision un moyen d’embrouiller les étudiants. « Ce ne sont pas les intérêts des étudiants qui font courir les responsables du département de l’enseignement supérieur. Ils ne peuvent limiter le nombre des candidats au master et au doctorat alors ils ont trouvé cette matière comme épreuve éliminatoire. Bien entendu ces responsables ont préparé leurs enfants en les poussant à étudier l’anglais dans les écoles privées. A nous l’arabe et le français que nous avons appris par nos propres moyens », dit un pharmacien qui veut participer au concours du résidanat en novembre 2020. Un professeur en médecine qui tient à l’anonymat trouve que cette décision est avant tout démagogique. « Aucune loi ne peut avoir un effet rétroactif. Alors comment allons-nous demander à des étudiants qui ont fait des modules d’anglais général à la fac de concourir dans les épreuves scientifiques dans la langue du Shakespeare », s’interroge le professeur en chirurgie générale.
Les pessimistes ne sont pas contre l’anglais comme langue qui véhicule les sciences. Ils veulent juste que les décidions soient prises de telle sorte à mettre le pays sur la vraie voie du modernisme. « Dans les pays développés les enfants dont de parfaits bilingues. Mais dans ces pays les responsables ne font pas de la démagogie, ils pensent à l’avenir de leurs pays respectifs. Les élèves étudient la langue maternelle et l’anglais dès la première année. Ils apprennent les sciences en anglais aussi », explique un professeur de français à la retraite.
Saïd Ibrahim

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