MONDE ARABE

Libye : Haftar mise sur une victoire militaire

Le maréchal Khalifa Haftar a annoncé une « bataille décisive » pour le contrôle de la capitale libyenne. La Turquie a conclu, fin novembre, un accord maritime et un accord militaire avec les autorités de Tripoli.

Cinq jours après l’annonce d’une « bataille décisive » par le maréchal Khalifa Haftar, Tripoli retient son souffle. L’homme fort de l’est libyen cherche à prendre le contrôle de la capitale depuis le début de son offensive, lancée le 4 avril, mais les lignes de front, au sud de la ville, ont jusque-là peu changé.
Depuis l’arrivée en renfort, début septembre, de plusieurs centaines de paramilitaires russes, liés à la compagnie de sécurité privée Wagner, les forces pro-Haftar ont gagné en efficacité. Tireurs embusqués, artillerie guidée au laser, spécialistes des opérations psychologiques : les paramilitaires russes ont apporté savoir-faire et coordination à la coalition de milices disparates, – y compris un contingent de 1 000 mercenaires soudanais déployé depuis juillet 2019 –, qui forment l’armée de libération nationale (ANL).
Dans le camp adverse, les forces loyales au gouvernement d’union nationale (GNA) de Fayez al-Sarraj semblaient de plus en plus gagnées par la fatigue.

Pour tenter de rétablir l’équilibre, le GNA a signé, mercredi 27 novembre, deux accords, militaire et maritime, avec la Turquie. Le chef du gouvernement d’union nationale (GNA) Fayez al-Sarraj a rencontré, deux fois en moins d’un mois, le président turc Recep Tayyi Erdogan. « En échange de la promesse d’une aide militaire, explique Jalel Harchaoui, chercheur à l’Institut Clingendael et spécialiste de la Libye, le GNA a accepté de signer l’accord maritime proposé depuis plusieurs mois par Ankara, ce qu’il refusait jusque-là pour ne pas se mettre à dos l’Union européenne. »
Cet accord permet à la Turquie de revendiquer des droits sur de vastes zones en Méditerranée orientale, riches en hydrocarbures. Une violation du droit international, selon Chypre, la Grèce et l’Égypte. Depuis, Ankara a renvoyé ses drones en soutien des forces du GNA et se dit prête à envoyer des troupes en Libye « si le gouvernement libyen en fait la demande ».

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