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Crise économique et baisse du pouvoir d’achat : Les algériens se privent de vacance


Confrontés à une crise économique aigue, les algériens s’adaptent, ils renoncent aux achats non indispensables, aux loisirs et aux vacances.
En cette période de vaches maigres, les algériens cherchent avant tout à faire face aux dépenses liées à la nourriture et au payement des factures d’électricité, du gaz et du téléphone. La gestion des foyers est devenue ardue. Les responsables des familles trouvent des difficultés financières. Pour s’en sortir, ils diminuent les dépensent et renoncent aux choses considérées comme superflues. C’est le chapitre réservé aux loisirs qui est carrément abandonné. Les sorties et les tours de manèges des enfants sont reportés à plus tard. Comme le budget consacré aux vacances est important, il est versé dans les dépenses ordinaires.
« On ne parle pas de culture à des ventres creux. Les familles modestes comme moi, ne pensent pas aux vacances quand elles sont confrontées à une crise économique », dit Ali Achoui un commissaire aux comptes installé dans le privé. Il trouve normale d’ailleurs que le secteur du tourisme soit le premier à pâtir de la crise économique. « Les gens se passent des services lors des crises. Ils reportent même les réparations des appareils électroménagers. Les seuls services qu’ils maintiennent ce sont les cours particuliers de leurs enfants. Ils axent par contre tous leurs efforts sur la nourriture et les dépenses de santé », explique Ali Achoui. D’ailleurs, cela se vérifie sur le terrain. Les seuls commerces qui continuent à accueillir du monde, ce sont les épiceries et les superettes. Les clients achètent surtout le lait, les légumes secs, le riz et les pâtes. La demande est si importante que ces articles viennent à manquer sur les étals. Cet engouement pour quelques produits n’est pas fait pour rassurer les épiciers. Ces deniers se retrouvent avec des marchandises invendues. « Même quand je fais des promotions pour des produits dont la date de péremption est proche, les clients les boudent. Ils ne cherchent que les produits indispensables », dit le gérant d’une épicerie à Saoula.
Si les épiciers se plaignent de la mévente ; les agences de voyages sont carrément vides en cette fin d’année, période propice pourtant pour les voyages. Les clients se font rares au point de faire craindre le pire aux gérants des agences de voyage dont certains envisagent même de mettre la clé sous la porte. « Cette année je suis sur le point de jeter l’éponge. Je n’ai pratiquement pas travaillé en haute saison durant l’été. J’avais fondé tous mes espoirs sur la fin de l’année, mais c’est encore pire. Je perds de l’argent », dit le gérant d’une agence de voyage à Bab El Oued. « La Omra est le seul produit que nous continuons à vendre mais le nombre des candidats pour le tourisme religieux diminue aussi. Les temps sont durs », ajoute le même interlocuteur.
Les algériens ont décidé pour leur part de se passer de vacances cette année. Ils vont rester chez eux et ils fêteront Yennayer le 12 janvier prochain. « L’Euro s’échange contre 222 dinars. Impossible donc de programmer des vacances en Tunisie comme nous le faisons chaque année depuis 2010 », dit une enseignante à l’université.
Saïd Ibrahim

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