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Brésil : Bolsonaro fustige le « jeu commercial » à la COP 25

Le président brésilien Jair Bolsonaro a fortement critiqué dimanche le dénouement de laCOP 25 à Madrid, dénonçant depuis Brasilia le « jeu commercial » auquel se seraient livrés selon lui les pays riches, notamment européens. « Je ne sais pas pourquoi les gens n’arrivent pas à comprendre que c’est juste un jeu commercial », a affirmé le chef de l’Etat lors d’un point presse à la sortie de sa résidence officielle du Palais de l’Alvorada. « J’aimerais bien savoir : y a-t-il eu une résolution pour que l’Europe soit reboisée ou est-ce qu’ils continuent juste à perturber le Brésil ? », a-t-il poursuivi.

Le Brésil était censé accueillir la COP 25, Conférence sur le climat de l’ONU, mais a renoncé à recevoir l’événement il y a un an, peu après l’élection de Jair Bolsonaro. Le Chili s’était proposé pour l’organiser à la place du Brésil, mais la conférence a finalement eu lieu à Madrid en raison de la crise sociale chilienne. « Pourquoi je n’ai pas accepté d’accueillir la COP 25 au Brésil ? C’est moi qui l’ai décidé. Ils auraient fait leur carnaval au Brésil », a affirmé Jair Bolsonaro dimanche.

Jair Bolsonaro, un climatosceptique notoire

Climatosceptique notoire, le président d’extrême droite du Brésil est régulièrement sous le feu des critiques en raison de sa politique environnementale jugée nocive pour l’Amazoniepar ses détracteurs. Il avait notamment défrayé la chronique fin août en relativisant la recrudescence de feux de forêt et l’augmentation de la déforestation sous son mandat.

Cette semaine, Jair Bolsonaro s’est attaqué à la jeune activiste suédoise Greta Thunberg, en la traitant de « gamine » et en l’accusant de « faire son show à la COP 25 ». L’adolescente de 16 ans, que le magazine Time a choisie comme personnalité de l’année, a réagi avec humour, en modifiant quelques heures durant la description de son profil Twitter, ajoutant le terme « pirralha » (gamine) utilisé par le président brésilien.

Les crédits carbone et les « bonnes pratiques environnementales » du Brésil

Dimanche, à Madrid, où il avait participé à la COP 25, le ministre brésilien de l’Environnement Ricardo Salles a également critiqué le résultat de la conférence, estimant sur Twitter qu’elle n’avait « débouché sur rien (…) parce que les pays riches n’ont pas voulu mettre la main à la poche ». Il a notamment regretté l’absence d’avancée en ce qui concerne la mise en place de l’article 6 des accords de Paris sur les mécanismes de marché de crédit carbone, les négociations sur ce sujet ayant été reportées à l’an prochain, lors de la COP 26, à Glasgow.

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