A la UNE

Hausse des prix et baisse des activités économiques : Sale temps pour els consommateurs

La classe ouvrière est saignée à blanc. Alors que les salaires stagnent, les prix connaissent une hausse vertigineuse.
L’année 2019 est à marquer d’une pierre noire pour tous les acteurs économiques du pays. Les affaires tournent mal, mettant à mal de très nombreuses entreprises privées ou publiques. Les opérateurs économiques se plaignent évidemment de cette situation. En effet c’est depuis le début du mois de mars dernier que la crise a commencé. Cette situation n’impacte pas négativement les seuls opérateurs économiques, les travailleurs en souffrent doublement. La morosité du monde des affaires induit des hausses des prix qui provoquent une baisse des ventes. Un sondage réalisé par l’Association Algérienne de Protection et d’Orientation du Consommateur et son Environnement (APOCE) sur 8.500 entreprises algériennes productrices, 81% d’entre elles ont constaté une récession de leurs transactions commerciales. Mustapha Zebdi, le Président de l’APOCE tire même la sonnette d’alarme. « Nous assistons à une situation de stagnation économique ce qu’on voit sur le marché national n’incite pas à l’optimisme », tient à préciser Mustapha Zebdi lors d’une conférence qu’il a animée en septembre dernier au siège de son organisation.
Dans les différents marchés de la capitale, la hausse des prix est une réalité quotidienne à laquelle font face les consommateurs qui ne savent plus à quel saint se vouer. Ils sont pourtant obligés de faire leurs courses car impossible de ne pas nourrir les enfants. « Les spéculateurs savent que nous ne pouvons faire autrement que d’acheter. Quand le pays traverse des moments difficiles, les citoyens doivent se montrer solidaires ; mais en Algérie les riches veulent gagner plus », dit une mère de famille qui a renoncé d’acheter les courgettes à 170 dinars le kilogramme. « C’est du vol. Je ne vais pas mourir si je ne mange pas de courgettes «, ajoute cette dame qui habite à Birkhadem. Les consommateurs sont très remontés car ils n’arrivent plus à joindre les deux bouts. « Vu les nombreuses augmentations des prix, mon salaire s’épuise durant les 15 premiers jours du mois. Je n’ai jamais vécu une situation identique », dit un comptable dans un cabinet de commissariat aux comptes. Les prix des denrées alimentaires sont hors de prix et les augmentations du salaire minimum promis par le gouvernement tardent à venir. « Je touche une pension de retraite de 28 000 dinars. Allez vivre avec une somme si dérisoire quand tous les produits sont hors de prix », dit un retraité qui habite à Saoula.
Les prix affichés dans les marchés dépassent tout entendement. La pomme de terre coûte entre 50 et 80 dinars le kilogramme selon la qualité. Tous les autres légumes sont affichés entre 120 et 200 dinars. Ce sont les haricots verts qui valent le plus cher. Les diabétiques les consomment souvent car ils sont peu caloriques, mais ils s’en privent en cette période. « Je mange très mal ces derniers temps. Je ne peux pas faire le régime », dit un diabétique que nous avons rencontré au marché de Bab El Oued.
Comme toujours, les intervenants dans le secteur des fruits et légumes se renvoient la balle. Les vendeurs au détail se plaignent des spéculateurs et des grossistes qui imposent leurs prix. Les grossistes pointent du doigt les producteurs qui pratiquent les prix qu’ils veulent. Quant aux producteurs, ils jurent par tous les saints qu’ils sont les victimes des spéculateurs qui imposent leur diktat dans ce secteur opaque.
Saïd Ibrahim

Leave a Reply