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Après l’élection d’Abdelmadjid Tebboune : Sera-t-il le Poutine de l’Algérie ?


Le Natif de Mecheria le 17 novembre 1945 vient de réaliser une véritable surprise. Donné perdant par tous les sondages, il est passé au premier tour avec plus de 58% des suffrages exprimés. Il suffit à présent d’œuvre pour le développement du pays et il entrera dans l’histoire comme le sauveur de l’Algérie.
L’Election Présidentielle du 12 décembre 2019 vient de se terminer. Les centres de vote n’ont certes pas été envahis par les foules des grands jours, mais toujours est-il que presque 42% des algériens ont glissé une enveloppe dans l’urne. Les pessimistes trouveront que le taux de participation est faible ; il s’agit de ceux qui estiment toujours que la bouteille est à demi vide. Les optimistes par contre, s’apercevront que parvenir à convaincre 42% des algériens à aller voter est une grande prouesse. Les électeurs qui ont voté ont réalisé par la même occasion une grande surprise. Alors que tout le monde donnait Azzedine Mihoubi comme vainqueur, c’est Abdelmadjid Tebboune qui est sorti des urnes. Cet homme appelé l’ascenseur dans le milieu politique (il n’a jamais fait long feu dans une fonction. c’est le premier ministre qui a passé la plus courte période comme chef de gouvernement), était pratiquement donné comme perdant. La convocation de son fils devant le juge d’instruction devait en principe le détruire. Mais l’homme possède de nombreuses ressources. Il fera de cet « affront » un propulseur lors du reste de la campagne électorale. Il a toujours trouvé les mots justes et le ton bien pesé pour parler aux citoyens et pour répondre aux questions des journalistes.
Droits dans ces bottes, il n’est pas de ceux qui renient leur passé pour mieux enjamber le présent et se propulser dans le futur. Ces réponses sur les questions du Sahara Occidental et de la réouverture des frontières avec le Royaume du Maroc ont mis du baume sur les cœurs des algériens y compris parmi les boycotteurs. « Pour le Sahara occidental je ne peux me substituer au peuple Sahraoui. L’Algérie encouragera le désir des sahraouis » ; a-t-il répondu à un journaliste. Quant à la réouverture des frontières, il exige des excuses et pourquoi pas des indemnités pour dédommager les algériens malmenés au Maroc après les attentats de Casablanca en 1994. En effet, le roi Hassen II avait accusé l’Algérie d’être derrière les attentas. Il avait imposé un visa aux algériens et avait organisé une véritable chasse pour renvoyer vers Alger les touristes qui s’y trouvaient. Alger impose un visa à son tour et dans la foulée, ferme les frontières.
Les algériens commencent à espérer que le nouveau Président puisse se hisser à la hauteur d’un grand homme d’Etat. Sa tâche n’est pas de tout repos ; mais impossible n’est pas Algérien pour ce haut cadre de la Nation qui connait tous les rouages de la politique et de la diplomatie. Une fois l’élection terminée, beaucoup d’Algériens commencent à rêver d’un scénario à la Russe. Et si Tebboune était le Poutine Algérien. Comme lui, il est issu du sérail. « Tous les hommes du système ne sont pas des pourris. Si Tebboune était cet homme providentiel qui va remettre l’Algérie sur les rails du développement », dit un jeune marcheur que nous avons abordé à la grande Poste d’Alger vendredi dernier. Il faut reconnaitre que Tebboune ne laisse pas de marbre et suscite même de l’espoir chez des gens connus pourtant pour leur opposition au système. « Ce sont les situations qui font les grands hommes. Il peut entrer dans l’histoire pour être le sauveur de l’Algérie. S’il parvient à mettre le pays sur la voie du développement, il entrera dans l’histoire », dit une dame que nous avons rencontrée lors de la même marche.
Saïd Ibrahim

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