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Allemagne : Merkel évite une crise majeure en trouvant un accord sur les retraites

Les partis au pouvoir à Berlin ont enfin trouvé un accord, ce dimanche soir, sur l’augmentation du minimum vieillesse pour les personnes les plus défavorisées. La réforme des retraites constituait un sujet brûlant et menaçait la survie de la coalition gouvernementale d’Angela Merkel, fortement fragilisée.
Les partis de la coalition gouvernementale d’Angela Merkel sont tombés d’accord dimanche sur un relèvement du minimum vieillesse en Allemagne, une réforme clé qui lui permet d’éviter une crise majeure alors qu’elle est déjà très fragilisée.
À l’issue de tractations qui duraient depuis des mois, les conservateurs de la chancelière, le parti CDU et son allié bavarois CSU d’une part, et les sociaux-démocrates du SPD d’autre part, ont convenu d’une augmentation du minimum vieillesse pour les personnes les plus défavorisées : celles qui, bien qu’ayant cotisé sans interruption pendant au moins 35 ans, ne perçoivent qu’une très faible pension.
La mesure doit profiter à au moins 1,5 million de personnes, la plupart des femmes payées au salaire minimum. Selon le ministère du Travail, une coiffeuse ayant cotisé 40 ans au niveau du salaire minimum devrait ainsi voir sa retraite passer de 512 € aujourd’hui à 960 € par mois.

La justice sociale en ligne de mire
Le parti social-démocrate, en pleine crise et qui essaie de regagner du terrain dans l’opinion en militant sur les questions de justice sociale, avait fait de ce dossier une priorité.
Plusieurs de ses responsables avaient menacé d’une sortie du gouvernement, et donc de la fin de la coalition de la chancelière difficilement mise en place il y a 18 mois, s’ils n’obtenaient pas cette mesure.
Les conservateurs de la chancelière ont insisté sur la nécessité de conditionner l’augmentation de la retraite de base au niveau des revenus des bénéficiaires et ils ont en partie obtenu gain de cause au final. Le coup de pouce sur les retraites devrait coûter environ 2 milliards d’euros par an.

Sujet brûlant

L’un des responsables du camp conservateur, Markus Söder, a estimé suite au compromis « qu’il n’y avait plus de raison de remettre en cause la poursuite du gouvernement de coalition », dont le mandat doit en principe durer jusqu’à fin 2021, date à laquelle Angela Merkel a prévu de prendre sa retraite politique.
« Nous avons réussi à trancher un nœud très difficile », a commenté pour sa part la présidente du parti de la chancelière, Annegret Kramp-Karrenbauer, parlant « d’une bonne solution, défendable pour la CDU ».
À ses côtés, la présidente par intérim du SPD, Malu Dreyer, a vu dans ce compromis « une étape sociopolitique importante », sur un sujet qui « tenait à cœur » des sociaux-démocrates.
Depuis des mois, les deux camps se disputaient sur ce sujet brûlant dans une Allemagne confrontée au vieillissement de sa population.

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