SOCIÉTÉ

Le Maoulid Ennabaoui à Ghardaïa : Les habitants procèdent à la rituelle procession religieuse

Les habitants des différents ksour du M’Zab ont procédé, dans la nuit de vendredi à samedi, à la rituelle procession religieuse du Maoulid Ennabaoui, dans une ambiance riche en couleurs, symboles, sons et odeurs.
Illustrant l’attachement des habitants de la région à leurs traditions ancestrales authentiques, cette procession composée d’adultes, en tenue de cérémonie (gandoura et chechia) de couleur blanche, suivis de leurs progénitures, a serpenté les ruelles du ksar dans un climat de recueillement et dans la pure délectation spirituelle où des ‘madihs’, faisant l’éloge du prophète (QSSSL), ont été psalmodiés collectivement par les marcheurs.
Dans un élan de spiritualité multidimensionnelle, confortée par des chants à la gloire du Sceau des prophètes, des centaines d’enfants en tenue traditionnelle des Ksour de Guerrara, Berriane, Melika, El Ateuf, Ben Izgen et Ghardaïa ont parcouru les différentes ruelles avant de converger vers la mosquée pour participer à la cérémonie organisée pour se remémorer la naissance du Prophète, sa vie, ses miracles, sa foi et ses actes illustrant la grandeur de l’Islam, avant d’accomplir la prière du soir et recevoir des friandises offertes par des bienfaiteurs du ksar.
« Cette tradition séculaire connaît un engouement exceptionnel des gens de Ghardaïa se trouvant à l’extérieur de la région qui viennent assister à l’événement. Ce qui permet à la population de renouer avec ses traditions et son legs patrimonial qui ont parcouru des siècles sans subir de transformation », a souligné Hadj Kacem du ksar de Guerrara (125 km au Nord-est de Ghardaïa).
« Cette procession était célébrée par le passé dans chaque ksar mais, au fil des années, elle a été abandonnée sauf dans celui de Beni Izguen où chaque année un défilé se déroule sous la lumière tamisée de torches fonctionnant à l’huile, connues localement sous l’appellation de « Inarène », aux chants glorifiant le Sceau des prophètes, se mêlant aux ribambelles d’enfants en tenue traditionnelle, accompagnés de leurs parents et portant des lampes traditionnelles », a-t-il rappelé.
« On essaye de revivifier cette tradition ancestrale dans différents ksour du M’Zab pour permettre aux générations actuelles et futures de la perpétuer tout en propageant, conformément aux préceptes de l’Islam, la vie du prophète Mohamed (QSSL) », a ajouté Hadj Kacem.
La fête de Maoulid Ennabaoui est marquée également dans la région de Guerrara par une tradition originale appelée « Adoual » où les nouveaux mariés qui ont scellé leur mariage revivent une nouvelle soirée de noces dans leurs costumes traditionnels et dans un climat festif réservé uniquement aux membres de la famille.
La femme, nouvellement mariée, sera invitée quelques jours avant El Maoulid Ennabaoui chez ses parents, avant de revenir chez son mari dans la même tenue traditionnelle de mariage accompagnée du son du tbal entrecoupé de youyous stridents lancés par les femmes proches de la famille.
Pour les Ghardaouis, cette fête religieuse est également l’occasion de veiller aux rythmes mélodieux des chants élogieux sur le prophète et la déclamation de versets du Saint Coran. C’est aussi un moment particulier de recueillement pour les fidèles afin de se remémorer les hauts faits du Prophète Mohamed et d’implorer Dieu pour le maintien de la quiétude dans notre pays.
Le Maoulid Ennabaoui est une occasion, selon les traditions locales, pour regrouper la grande famille et passer un bon moment conviviale ensemble, tout en savourant un couscous à la sauce sucrée, préparée à base de dattes et dénommé localement « Ouchou Tini », mets incontournable durant cette fête, ainsi que le thé accompagné de cacahuètes.

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