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Multiplication des grèves : Toujours plus de protestation

Tous les secteurs d’activité traversent une période délicate, d’où les nombreux mouvements et grèves de protestation. Des Algériens ont peur, alors ils stockent les produits alimentaires.

Les grèves, les marches et les sit-in se multiplient ces derniers jours. Les magistrats sont toujours en arrêt de travail. Ils refusent de reprendre le travail car ils estiment qu’ils ont été humiliés à la cour d’Oran. Les juges et les procureurs réclament l’indépendance de la justice comme le prévoit la Constitution. Tenus au droit de réserve, les magistrats ne sont pas autorisés à faire grève. C’est dans ce cadre que le tribunal administratif de la cour de Tipasa a déclaré cette grève d’illégale. Le ministère de la Justice a rendu public un communiqué suite à la décision du tribunal administratif. « Ce mouvement de grève est illégal car intervenant en contradiction des dispositions de l’article 12 de la loi organique portant statut de la magistrature et entravant le bon fonctionnement d’un service public sensible, en l’occurrence la magistrature, ainsi que les intérêts des citoyens, d’autant que des juges ont été empêchés d’exercer leurs fonctions et de poursuivre le travail judiciaire », est-il noté dans le document. Le ministre de la Justice, Belkacem Zeghmati, réitère sa proposition relative à la poursuite du dialogue. Les magistrats rejettent cette proposition.
Les travailleurs de SONELGAZ et leurs collègues du secteur de l’énergie ont entamé hier une grève de trois jours. Dans un communiqué rendu public, le Syndicat national des travailleurs de l’électricité et du gaz (SNATEG) appelle à ce mouvement pour protester contre « les agressions et arrestations arbitraires contre des agents SONELGAZ sans que l’administration n’intervienne pour protéger ses travailleurs ». Les employés de l’agence SONELGAZ de Bologhine accusent en effet des agents de police d’avoir agi de manière forte contre leurs collègues. Ce mouvement a été largement suivi à travers le territoire national.
Tous les jours, des travailleurs des minoteries à l’arrêt suite à des décisions de justice organisent des sit-in devant le ministère de l’Agriculture, de la Pêche et des Ressources halieutiques à Alger. Ils réclament la réouverture de tous les moulins. « Nous ne sommes pas contre la justice. Nous souhaitons même que le secteur soit assaini. Il faut par contre prendre en considération le calvaire des travailleurs qui ne sont pas payés depuis des mois », s’emporte un ouvrier dans une minoterie fermée. Il espère la désignation de gestionnaires pour les moulins fermés sur décision judiciaire.
Cette multiplication de grèves fait craindre le pire. Des citoyens se sont mis à faire des achats massifs de produits alimentaires. « Ces grèves n’annoncent rien de bon. J’ai peur, alors je fais des stocks de produits alimentaires chez moi », dit un père de famille que nous avons rencontré au marché de Bab El Oued. Les commerçants ont constaté un regain d’activité particulier. « Les gens ont peur alors ils font des provisions », affirme cette fois le gérant d’une supérette à Birkhadem.

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