MONDE ARABE

Irak-Liban : La rue défie l’Iran

A Bagdad, où huit personnes sont mortes dimanche dans des affrontements avec la police, et à Beyrouth, les manifestants contre la corruption remettent en cause l’influence de Téhéran. Face à l’ampleur de la contestation, le Guide suprême de la République islamique a dû prendre la parole la semaine dernière.
La révolte ne cesse de grandir en Irak depuis début octobre malgré une répression sanglante. La dénonciation de la corruption par la jeunesse évolue de plus en plus vers une remise en cause profonde du système politique et communautaire dans le pays comme de l’influence de l’Iran.
Pourquoi la contestation prend-elle de l’ampleur en Irak ?
Appel à la grève générale, blocage de tous les accès menant au centre de Bagdad, le mouvement de contestation est entré dans une nouvelle phase d’escalade depuis dimanche, premier jour de la semaine en Irak. Des contestataires toujours plus nombreux occupent la grande place Tahrir dans la capitale, tandis que les manifestations s’étendent dans plusieurs villes du sud du pays, y compris la nuit malgré le couvre-feu décrété par les autorités. Dans le même temps, collégiens et lycéens font des sit-in dans leurs écoles. L’Union nationale des enseignants poursuit son mouvement de grève entamé la semaine dernière. A leur tour, les syndicats d’ingénieurs, de médecins et d’avocats ont déclaré la grève, paralysant l’activité. Tous ont rejoint la contestation qui appelle à la désobéissance civile pour réclamer un «changement de régime» global dans le pays miné par la corruption et les services publics défaillants. Loin de dissuader les manifestants, la répression violente par les forces de sécurité n’a fait que nourrir la colère. Huit personnes ont été tuées depuis dimanche dans des confrontations avec la police à Bagdad et après l’incendie du consulat d’Iran à Kerbala, ville sainte emblématique pour les chiites, portant à 265 le nombre de morts depuis le déclenchement du soulèvement début octobre. Lors de cette première vague de contestation, les tirs à balle réelle par les forces de l’ordre avaient tué plus de 150 manifestants en quatre jours.

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