SOCIÉTÉ

Alors que des malades sont privés de médicaments : De grandes quantités de produits pharmaceutiques jetées à Blida

Alors que les malades du cancer rencontrent de grandes difficultés pour se soigner, une équipe de contrôle relevant du ministère de la Santé ont découvert de grandes quantités de médicaments périmés abandonnées au centre anti-cancer de Blida. 

La nouvelle, relayée par tous les journaux, radios et télévisions, s’est répandue comme une traînée de poudre. De grandes quantités de drogues destinées à la chimiothérapie sont déclarées impropres à l’utilisation et abandonnées au CAC Frantz fanon de Blida. Cette information est tombée au plus mauvais moment. En cette période d’incertitude, les malades atteints du cancer trouvent moult difficultés pour se soigner. La valeur des médicaments périmés  découverts s’élève à 4,5 milliards de centimes. Selon des sources proches du département de la Santé, de la Population et de la Réforme hospitalière, la  cause de cette gabegie est le non-respect des normes de stockage. Une enquête a été diligentée pour déterminer les responsabilités. 

Dès qu’elle a été rendue publique, l’information a provoqué l’ire des malades et des oncologues. Ces derniers sont très remontés car ils font face à des situations très graves. « Pour soigner nos malades, de plus en plus nombreux, nous sommes obligés de recourir aux anciens protocoles. Nous concoctons les chimiothérapies avec les produits disponibles. Les nouvelles molécules sont pourtant les mieux indiquées », explique un cancérologue qui a voulu garder l’anonymat. Un chirurgien dans un service d’oncologie se plaint pour sa part du temps que mettent les malades pour arriver au bloc opératoire. « Souvent les malades sont traités par radiothérapie ou chimiothérapie. Comme les médicaments de chimiothérapie sont indisponibles, les patients ne sont pas opérés rapidement comme le stipulent les protocoles de prise en charge des personnes atteintes du cancer »,  s’emporte ce chirurgien qui est pressé de partir en retraite. 

Pour leur part, les parents des malades sont très en colère. Ils font le tour des hôpitaux mais ne trouvent pas les drogues indispensables pour sauver leur enfant ou leur parent. « Ma mère est traitée pour un cancer du sein. Je cherche des médicaments pour qu’elle puisse débuter ses cures de chimiothérapie. Cela fait deux mois déjà et je n’arrive pas à lui procurer les 4 molécules constituant son traitement. J’ai trouvé deux produits en Algérie et les deux autres, un ami va me les envoyer de France », dit un quadragénaire dont la maman  attend toujours pour entamer son traitement.  

Les malades et leurs parents condamnent évidemment le gaspillage constaté au centre anti-cancer de Blida. Ils réclament d’ailleurs des sanctions exemplaires contre ceux qui sont derrière ce scandale. «  Si vraiment des employés ont agi de telle sorte, pour que des quantités de médicaments se détériorent, il faut qu’ils en subissent les conséquences. Par contre, ces quantités perdues ne sont pas la seule cause des pénuries constatées dans les centres de lutte anti-cancer », dit la mère d’un enfant traité pour une leucémie.

« Pour justifier  la pénurie des drogues pour chimiothérapie, des responsables du département de la santé ont dit avoir découvert des médicaments périmés à Blida. Le plus urgent à mes yeux c’est de rendre disponibles ces drogues qui manquent dans tous les centres de lutte contre le cancer », dit le mari d’une malade suivie justement au CHU de Blida. 

Leave a Reply