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Iran : Téhéran dévoile de nouvelles fresques antiaméricaines dans l’ancienne ambassade des Etats-Unis

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Le chef des Gardien de la révolution a inauguré de nouvelles peintures murales dans l’ancienne ambassade américaine de Téhéran, prise d’assaut par des étudiants en novembre 1979. Ces œuvres offrent une critique de la volonté hégémonique américaine.
A deux jours du 40ème anniversaire de la prise d’otage, le 4 novembre 1979, de plus de 50 civils et diplomates américains par des étudiants iraniens dans l’ambassade des Etats-Unis à Téhéran, les autorités perses ont inauguré, ce 2 novembre, des peintures murales mettant en évidence trois thèmes : «le déclin de l’Amérique et de l’Occident», «les crimes américains dans le monde» et «les crimes américains en Iran».
La cérémonie s’est déroulée en présence du général de division Hossein Salami, commandant du corps des Gardiens de la révolution islamique. Il est arrivé sur les lieux de l’ex-représentation américaine dans le pays en piétinant le drapeau étasunien comme on peut le constater sur ces clichés mis en ligne sur Twitter par le journaliste iranien Sobhan Hassanvand.
Le plus souvent aux couleurs de la bannière étoilée (bleu, blanc et rouge), ces peintures murales montrent une statue de la liberté tombant en ruine ou encore le triangle de l’œil de la Providence – symbole floqué sur les billets de un dollar américain – au milieu d’une mare de sang sur laquelle flottent des têtes de mort. Une autre fresque présente le drapeau américain sur lequel les bandes blanches ont été affublées de soldats et les étoiles remplacées par des têtes de mort, d’après des clichés mis en ligne par le journaliste iranien Reza Khaasteh.
Iran unveils new US murals and works painted on the walls of former US embassy in Tehran, on the eve of anniversary of the takeover of ‘Den of Espionage’, replacing the worn-out ones always used by Western media for Iran stories

Dans son discours inaugural, le commandant des Pasdaran a fustigé les Etats-Unis pour avoir été le seul pays, à ce jour, à faire usage de l’arme atomique, à Hiroshima et Nagasaki en août 1945, alors qu’ils cherchent à empêcher les autres pays, au premier rang desquels l’Iran, de bénéficier de la «technique du nucléaire civil». Hossein Salami a également accusé les USA de mentir lorsqu’ils se présentent comme défenseurs de la démocratie alors qu’ils apportent leur soutien, d’après lui, à presque «tous les dictateurs» de la planète. D’anciennes fresques antiaméricaines avaient été effacées pour laisser place à ces nouvelles œuvres.
L’Iran s’apprête à célébrer le 40ème anniversaire de la prise d’otage à l’ambassade américaine de Téhéran, en novembre 1979, soit quelques mois après le renversement du Shah et l’avènement de la République islamique. Cet acte fondateur pour les nouveaux dirigeants politiques mis en place après la révolution ne cessera d’empoisonner les relations entre les deux pays, aujourd’hui encore au point mort après le retrait des Etats-Unis de l’accord de Vienne sur le nucléaire iranien en mai 2018, et le renforcement des sanctions contre la nation perse ainsi que les événements récents autour du détroit d’Ormuz.

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