ECONOMIE

Epargne : L’amélioration de la collecte des ressources devient un impératif absolu

Le ministre des Finances, Mohamed Loukal a affirmé, jeudi à Alger, qu’une « amélioration substantielle » de la collecte des ressources était désormais un « impératif absolu » pour pallier l’amenuisement de l’épargne budgétaire.
« Devant l’amenuisement de l’épargne budgétaire et la volonté affirmée, d’orienter progressivement, le financement des projets, vers le marché bancaire et financier, notamment celui des capitaux, l’amélioration substantielle de la collecte des ressources, devient un impératif absolu », a indiqué M. Loukal dans une allocution prononcée lors d’une rencontre organisée à l’occasion de la Journée mondiale de l’épargne.
Pour ce faire, le ministre a incité les banques à poursuivre leurs efforts de bancarisation et à améliorer le niveau d’inclusion financière.
« La prospection active de nouveaux segments de la clientèle par le lancement de produits d’épargne adaptés et l’élargissement de l’usage des instruments monétiques, figurent parmi les moyens les plus efficaces pour favoriser l’épargne », a-t-il recommandé.
Il a également exhorté les banques à adopter des stratégies de communication actives pour soutenir une « diffusion plus large » des produits bancaires.
« La communauté bancaire, en se dotant d’un outil d’aide à la décision pour le choix de ses politiques de développement de l’épargne, se doit d’être à l’écoute de sa clientèle et de faire preuve d’innovation dans la conception de produits d’épargne adaptés à chaque catégorie de clientèle », a-t-il soutenu.
Il a, dans ce sens, appelé à une implication « plus rigoureuse » du système bancaire et financier en relation avec sa capacité d’améliorer les services bancaires en usant d' »une politique plus agressive d’offres de services innovants y compris une politique de taux de placement plus attrayants » .
Selon lui, la collecte des ressources est « l’un des talons d’Achille » du système bancaire algérien, estimant que « c’est pour cela que les banques sont interpellées à améliorer leurs capacités à accompagner la création et le développement des entreprises, notamment, la PME productive ».

L’Observatoire de l’épargne permet un suivi détaillé de la situation

Les banques sont aussi interpellées, a-t-il poursuivi, pour « participer, par des financements multiformes, à la croissance de l’économie et à sa diversification et à développer d’avantage d’agressivité commerciale en matière de collecte de ressources ».
Cette « agressivité commerciale » doit être, notamment, dirigée vers la masse monétaire non bancarisée par une offre de services plus large et de produits innovants, notamment ceux liés à la finance participative devant permettre d’élargir les segments de clientèles des banques, a expliqué le ministre.
Il a, en outre, affirmé que l’amélioration et le développement de l’intermédiation bancaire devrait nécessairement reposer sur « la modernisation des systèmes d’information des banques. Ces systèmes permettront une meilleure maîtrise du cadre managérial et de la gestion des banques ».
Pour lui, la modernisation des banques et des établissements financiers « devrait se tourner résolument vers la numérisation pour une plus large inclusion financière, tant en terme de collecte de l’épargne qu’en terme de facilitation de l’accès au crédit ».
Par ailleurs, M. Loukal souligné que la mise à niveau permanente de la ressource humaine des banques et de sa qualification « est capitale en vue d’aborder la réforme financière par une aptitude plus marquée face aux nombreux défis, notamment, à l’égard de nouveaux métiers induits ».
« Dans la sphère bancaire, la réforme de la gouvernance des banques publiques, récemment décidée par le gouvernement, doit constituer un axe stratégique majeur guidé par les principes d’autonomie, d’efficacité et d’obligation de performance », a-t-il relevé.
La réforme de la gouvernance doit « constituer le signal fort de l’orientation des nécessaires réformes bancaires, à même de promouvoir la concurrence et d’avantage d’efficacité dans l’intermédiation bancaire », a-t-il dit.
Cette même réforme vise, a-t-il précisé, à « rehausser l’activité bancaire à travers une meilleure gouvernance des banques publiques, compte tenu de leur poids dans la sphère bancaire et financière », ajoutant qu’elle tendait aussi « l’amorce du processus de mise à niveau des banques publiques afin de leur permettre d’agir en vecteurs de développement économique du pays en matière de bancarisation, d’inclusion bancaire et de financiarisation de l’économie pour une croissance plus inclusive ».
S’agissant de la mise en place l’année dernière de l’Observatoire national de l’épargne, M. Loukal a estimé que ce dernier va permettre un « suivi détaillé » de la situation actuelle de l’épargne en Algérie.
« Cet outil d’aide conceptuel, nécessaire pour établir un état des lieux exhaustif et actualisé, doit obligatoirement s’accompagner, au niveau de chaque banque, de politiques pragmatiques et ambitieuses de collecte et de mobilisation de l’épargne par tous les acteurs bancaires en tenant compte des spécificités de chaque institution », a-t-il dit.

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