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Troisième jour de grève des magistrats : Le bras de fer avec le ministère continue


C’est une véritable guerre des tranchées que se livre les magistrats et le département de la justice. Chaque partie reste sur ses positions initiales. Personne ne veut céder.
La guerre des communiqués reprend de plus belle entre les magistrats grévistes et le Conseil supérieur de la magistrature d’une part, et le ministère de la Justice de l’autre. Alors que le ministre de la Justice invite les magistrats lésés par le dernier mouvement à présenter leurs recours, le Conseil supérieur de la magistrature exige d’être consulté comme le prévoient les textes de loi. C’est un véritable bras de fer qui oppose les deux parties. Le Conseil supérieur vient d’interpeler le Chef de l’Etat, Abdelkader Bensalah, en sa qualité de premier magistrat du pays. « Après avoir pris connaissance de la réponse émanant du ministère de la Justice, datée du 27 octobre, et mettant en doute la véracité du communiqué que nous avons rendu public, et pour lever toute équivoque, nous, membres du Conseil supérieur de la magistrature, confirmons la véracité du communiqué, ceci d’un côté. D’un autre côté, nous appelons le chef de l’État en sa qualité de président du Conseil de convoquer une session extraordinaire afin de trouver une solution urgente à cette situation ». Ce paragraphe fait partie de la lette envoyée au Chef de l’Etat et dénote à lui seul la grave crise que traverse le secteur de la justice en Algérie. Par ce communiqué, les membres du même conseil ont voulu démontrer que le document de soutien aux magistrats grévistes émanait bel et bien de cette institution. Sur le terrain, le mouvement s’est poursuivi hier mardi. Les magistrats sont parvenus à paralyser tous les tribunaux et cours du pays. Les justiciables ne comprennent pas pour leur part cette grève qui les prive du doit à la justice. « Mon fils accusé de vol devait être jugé dimanche dernier. Nous avons des preuves qu’il était en mission le jour où le cambriolage dont il est accusé avait lieu. S’il a été jugé, il serait déjà chez lui », dit un père dépité. Les justiciables n’approuvent évidemment pas cette grève déclenchée pour des raisons purement professionnelles et sociales. «Les magistrats ne font pas partie des corporations sous-payées. Des docteurs en ingénierie exerçant dans des entreprises publiques sont moins payés que les magistrats », dit le père d’un ingénieur en informatique. Les personnes que nous avons abordées sont presque unanimes à reprocher aux magistrats le recours à la grève. « Dans toutes leurs déclarations, aucune allusion n’est faite aux jeunes femmes et jeunes hommes arrêtés lors des marches et qui croupissent toujours en prison en attente d’un procès », s’emporte cette fois un étudiant en droit dont deux camarades sont à la prison d’El Harrach.

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