ORAN

Alors que le marché parallèle de la devise est un moyen pour la surfacturation, le blanchiment d’argent et le trafic de drogue : A quand la mise en place de bureaux de change ?

M.A.J

Si les économistes et spécialistes de la finance eux-mêmes n’arrivent plus à comprendre, ni à suivre, les décisions en chaîne prises et annoncées quasi-quotidiennement par le staff gouvernemental, qu’en est-il, alors, du citoyen lambda, résigné et perdu dans ce capharnaüm d’annonces officielles qui durent le temps d’un essai de quelques mois pour procéder à des virages à 360 degrés, sans aveu d’échec ni d’explications, pour reprendre une autre direction annoncée comme la plus utile et la plus efficace en cette conjoncture de crise. Pour sa part, le citoyen se plie sans rechigner à toutes les humeurs et types de volonté, qu’il s’agisse de pain, de produits de première nécessité, d’essence ou autres, il n’a plus droit au répit pour apprécier, comme le désire tout citoyen, la vie comme elle se présente, mais cela est bien sûr trop demander. A Oran, comme dans d’autres ville du pays, l’euro, l’autre incompréhension à laquelle fait face le citoyen, prend une ascension vertigineuse et inexpliquée, le marché informel, premier fournisseur en devises pour les opérateurs, comme pour les particuliers qui partent pour la omra, le hadj, ou en voyage de tourisme, doivent débourser environ 20.000 dinars pour 100 euros. Un cours similaire auprès de tous les cambistes informels du marché de la Bastille ou de la Ville nouvelle, jusqu’aux revendeurs du square Port Saïd à Alger. Ainsi, le dinar poursuit son effondrement, surtout sur le marché parallèle. L’euro a donc établi un nouveau record face au dinar algérien. Selon les experts, le marché parallèle de la devise est estimé à 5 milliards de dollars par an. C’est un marché colossal qui échappe totalement au contrôle de l’État. Il est difficile de comprendre comment une activité de telle ampleur s’effectue en dehors de tout cadre légal. Rappelons que l’essentiel du marché parallèle est alimenté par les surfacturations des importations. C’est d’ailleurs en partie l’écart colossal (50%) entre le taux officiel et le parallèle qui encourage les acteurs à surfacturer leurs achats à l’étranger. La mise en place de bureaux de change, accompagnée d’une lutte contre le change parallèle, va permettre de tracer les transactions et de réduire l’influence du square et les autres « bourses parallèles ». Si le marché parallèle des devises est le meilleur moyen de blanchir l’argent sale de la corruption, du crime organisé et de la drogue, il est temps en ces temps de guerre acharnée contre la corruption de procéder à la légalisation des bureaux de change.

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